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Afghanistan. Retirer au plus vite les troupes européennes

Les 4 morts et le nombre indéterminé de blessés survenus au sein du contingent français le 19 janvier à la suite d'un attentat conduit par un présumé soldat afghan illustrent une nouvelle fois ce qu'avaient affirmé les adversaires de cette guerre, dont nous avons toujours été. Non seulement la présence des occidentaux se révèle incapable de contenir la montée des talibans, mais encore elle exacerbe les antagonismes entre les populations afghanes et ces mêmes occidentaux.


Les 4 morts et le nombre indéterminé de blessés survenus au sein du contingent français le 19 janvier à la suite d'un attentat conduit par un présumé soldat afghan illustrent une nouvelle fois ce qu'avaient affirmé les adversaires de cette guerre. Non seulement la présence des occidentaux se révèle incapable de contenir la montée des talibans, mais encore elle exacerbe les antagonismes entre les populations afghanes et ces mêmes occidentaux.

L'hostilité jusqu'ici contenue de ces populations éclate dorénavant au grand jour. Elle finit par faire de chaque soldat de l'armée afghane officielle un ennemi potentiel. Ceci souvent pour des raisons faciles à comprendre mais impossibles à éviter: notamment les différences de culture entre les troupes et les humiliations que font subir les militaires occidentaux à leurs prétendus compagnons d'armes afghans. Les Français et sans doute aussi les autres contingents européens, mieux tenus par leur encadrement, paraissent avoir évité ce genre de choses. Mais cela n'a pas été le cas des troupes  américaines régulières et moins encore des auxiliaires fournis par des sociétés privées de sécurité.

L'épisode de l'urine sur les cadavres afghans a révélé à tous un phénomène qui ne pouvait plus être dissimulé. Aujourd'hui, la presse américaine la mieux pensante en fait état, comme le montre l'article du New York Times référencé ci-dessous.  Au moment où les rapports entre Occidentaux et Afghans en arrivent à ce niveau de détestation, et comme la situation ne pourra que se détériorer, le simple bon sens devrait suggérer aux gouvernements de la coalition que le retrait s'impose sans délai. Peu importera alors que cela soit présenté par les talibans comme une éclatante victoire sur l'Ouest. Chaque mois qui passera avant le retrait ajoutera à l'éclat de cette victoire.

Les faucons américains voudront sans doute en conservant des troupes sur place ne pas abandonner leurs intérêts pétroliers et stratégiques aux mains des Afghans et de leurs alliés pakistanais. Ils feront un très mauvais calcul, mais libre à eux. Quant aux Européens, répétons le, ils n'avaient rien à gagner en s'engageant dans ce conflit et auront désormais tout à perdre en s'y enfermant. Il semble que Nicolas Sarkozy lui-même, qui espérait sans doute y trouver la gloire,  commence à se rendre compte des dures réalités d'une guerre sur le terrain – guerre dont soit dit en passant il n'a jamais eu l'expérience.

Quoiqu'il en soit, que les élections  en France mettent une fin définitive à cette aventure. L'histoire y verra, selon l'expression connue, bien plus qu'une erreur, une faute.

http://www.nytimes.com/2012/01/20/world/asia/afghan-soldiers-step-up-killings-of-allied-forces.html?_r=1

20/01/2012
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