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Jusqu'à quand les Européens supporteront-ils la dictature des pouvoirs financiers américains?

Quand on évoque les pouvoirs financiers américains, le nom de Goldman Sachs vient spontanément à l'esprit. Ce sont effectivement des anciens dirigeants de cette banque qui contrôlent dorénavant l'avenir économique et politique de l'Europe.


Le poste le plus important, celui de Président de la banque centrale européenne (BCE) a été confié à Mario Draghi. Or aucun gouvernement européen n'a fait valoir qu'il s'agissait là d'un abandon de souveraineté majeur. Alors que l'honnête Jean-Claude Trichet avait tenté sans panache mais tant bien que mal de protéger les intérêts européens face aux emprises de la finance internationale, Mario Draghi est en train de livrer à celle-ci les clefs du coffre fort.

Bien qu'italien, il a été et demeure un représentant efficace de l'hydre Goldman Sachs. Vice président et directeur managerial de Goldman Sachs International, basé à Londres, il a défendu entre 2002 et 2005, comme membre du conseil de direction de Goldman Sachs, les intérêts de la Banque et plus généralement ceux de Wall Street face au parlement européen. Il a continué à jouer ce rôle officieusement par la suite. Dans le même temps, et sans craindre les conflits d'intérêts, il a occupé des postes de responsabilité à la Banque mondiale, à la Banque d'Italie, à la Banque des règlements internationaux, à la Banque internationale pour la reconstruction et le développement et à la Banque asiatique de développement.

Jamais dans ces différents postes il n'a mis en garde les gouvernements et les autres banques contre la politique criminelle de Goldman Sachs diffusant dans toutes les économies des titres pourris. Au contraire, il a maintenu le plus longtemps possible le silence sur les activités frauduleuses de la Banque, aux Etats-Unis, en Europe et dans le monde. Ce sont pourtant ces activités qui ont été à la source de la grande crise de 2008. Elles se poursuivent encore sous d'autres formes. Comment pouvait-il ignorer les malversations de Goldman Sachs, alors qu'un outsider comme Marc Roche a pu les détailler dans un ouvrage exemplaire mais sur lequel on fait de plus en plus silence: « La Banque (Albin Michel 2010) .

Or aujourd'hui, c'est lui, Mario Draghi, qui n'hésite pas en tant que président de la BCE à compromettre l'autorité de celle-ci en lui faisant assumer les positions les plus favorables à l'enfermement des gouvernements européens dans le carcan de la finance internationale. Il oppose un refus répété à la possibilité qu'aurait la BCE de prendre en charge sous forme de prêts mutualisés aux gouvernements les dettes les plus urgentes des Etats. Plus grave encore, il refuse toute politique permettant aux Etats européens de financer ensemble, via des prêts à long terme de la BCE, des politiques industrielles et de recherche communes indispensables pour sortir de la récession.

Il prétend certes ce faisant donner satisfaction à la volonté de l'Allemagne visant à ne pas encourager le laxisme budgétaire des Etats les plus endettés. Mais en réalité il exprime la volonté de Goldman Sachs et de ses homologue: empêcher que l'Europe puisse s'affranchir de la tutelle des banques et décider seule de son avenir économique et politique. Mario Draghi devrait être, dans la guerre économique opposant les peuples européens aux banquiers de Wall Street et de Londres, dénoncé et incarcéré comme le plus dangereux des traitres vendus à l'ennemi, traitres qui pourtant pullulent en Europe même.

On sait qu'en Italie c'est aussi un ancien membre du conseil d'administration de Goldman Sachs, devenu par la suite commissaire européen ultra-libéral au Commerce, Mario Monti, qui a été désigné sans débats populaires comme premier ministre. En Grèce, Lucas Papademos a de même, sans débats, été nommé premier ministre. Pourtant, lui aussi, comme gouverneur de la Banque de Grèce entre 1994 et 2002, avait nécessairement été informé et complice de la façon dont Goldman Sachs avait aidé le gouvernement à dissimuler ses passifs et ses détournements. Derrière ces gens, ce sont des dizaines, sinon des centaines de « conseillers » inspirés par Goldman Sachs, les banques de Wall Steet et de la City, leurs correspondants dans le système bancaire français, qui décident dorénavant du sort des européens (1).

Qu'attend François Hollande?

En France, ces hommes et les intérêts qu'ils représentent ont réussi à dépouiller Nicolas Sarkozy du peu d'agressivité qu'il conservait face aux responsables de la crise. Finies ses velléités d'indépendance, le recours aux euro-bons, la taxe sur les transactions financières avec lesquelles il avait leurré l'opinion. Il est rentré dans le rang. L''urgence pour ces hommes est désormais de désarmer à l'avance François Hollande dans la perspective où il serait appelé au pouvoir. D'ores et déjà, des articles fleurissent expliquant à l'opinion que le seul choix possible pour Hollande, après la dégradation de la France par les agences de notation, sera de ratifier l'accord Merkel-Sarkozy sur la dette.

Or, pour le moment, sauf exception, aucun homme politique de gauche ne mentionne le fait que la banque fédérale américaine (FED) a dépensé depuis 5 ans dans la discrétion la plus totale 29 trillions de dollars pour alimenter en liquidités les administrations et les entreprises US. Aucun homme politique de gauche n'ose rappeler que, pour échapper à l'emprise de Wall Street et de Washington, les gouvernements et l'Union elle-même n'auront pas d'autres solutions que d'utiliser la BCE comme machine de guerre afin de financer des politiques européennes d'investissement et de puissance.

Pour le PS français et ses alliés, ce devrait pourtant être sur cette base, sauf à s'en remettre à Goldman Sachs, qu'il conviendrait sans attendre de négocier avec les autres oppositions de gauche européennes. Le tout évidemment au vu et au su des opinions publiques, afin de mieux faire valoir auprès des citoyens les enjeux des luttes qui se préparent.

Note.
(1) On trouvera dans l'article de Wikipedia consacré à Goldman Sachs une liste des personnalités de la Banque qui a des titres divers dirigent ou influencent les administrations et firmes européennes http://fr.wikipedia.org/wiki/Goldman_Sachs

18/12/2011
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