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Nouvelles centrales nucléaires en Europe

Le premier ministre français a évoqué sur la 2e chaîne, le 12 juin, la possibilité de construire en France une seconde centrale de type EPR. Nous pensons qu'il s'agit d'une excellente nouvelle.

La hausse des prix des carburants justifierait totalement cette décision. par ailleurs, Areva détenteur avec Siemens de la technologie EPR (european pressurised reactor) s'en trouverait renforcée pour l'attaque des nombreux marchés qui s'ouvrent actuellement en Europe et ailleurs. Greenpeace a tout de suite manifesté son opposition, en indiquant que ce n'est pas le nucléaire qui fait marcher les voitures. L'argument est évidemment inexact, puisque les futures voitures électriques se nourriront d'électricité. Par ailleurs, Greenpeace manque trop de transparence dans les recommandations qu'elle fait aux gouvernements pour être considérée comme crédible.

Nicolas Sarkozy semble dans le même temps assouplir sa position antérieure, visant à remplacer, contre l'avis d'Anne Lauvergeon et des allemands,  les 34% de Siemens au capital d'Areva NP  par Alstom (dont le premier actionnaire est Bouygues, soupçonné d'être le chouchou du président). Aujourd'hui, le maintien de Siemens, qui a l'intention d'augmenter ses investissements conjoints avec Areva, devrait être considéré comme une excellente option. Ceci d'autant plus que le leader européen de l'énergie E. ON, allemand, envisagerait de proposer des centrales EPR au Royaume Uni.

On notera avec intérêt que dans le même temps, la chancelière allemande Merkel a précisé que « la sortie du nucléaire est totalement erronée." Jusqu'à présent, elle tenait un discours plus modéré sur ce terrain afin de ne pas mettre en péril le fragile équilibre au sein de la grande coalition. Les deux partis au pouvoir, CDU-CSU et SPD, avaient décidé en 2005 de maintenir le statu quo en continuant d'appliquer l'accord de sortie du nucléaire signé en 2000 sous un gouvernement SPD-Verts et qui prévoit une fermeture progressive des centrales au plus tard en 2021. La dépendance au pétrole et au gaz qui s'accroît rend aujourd'hui cette position intenable. D'ici à 2020, Berlin souhaite réduire de 40 % ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990. D'après une récente étude de l'agence allemande de l'énergie (Dena), les besoins en électricité ne pourront plus être totalement couverts d'ici à 2020. Selon l'agence, il manquera à cette date l'équivalent de ce que produisent 15 grosses centrales, soit quelque 12 000 mégawatts. Les milieux industriels allemands redoutent, eux, la perte d'un savoir-faire technologique dans le domaine du nucléaire. Les chrétiens-démocrates n'ont jamais cessé de plaider pour un allongement de la durée d'activité des centrales nucléaires, relayant par là la position des groupes énergétiques allemands et des milieux industriels. Mais rien ne permet pour le moment de penser que la position allemande officielle changera d'ici les prochaines années.

Par ailleurs, l'Italie et le Royaume-Uni ont annoncé leur intention de réinvestir dans le nucléaire, et l'agence internationale de l'énergie (AIE) s'est prononcée en faveur de la construction de nouvelles centrales dans le monde.
13/06/2008
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