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Iran. Les USA passent la main

Où la crise économique fait taire les gesticulations militaires

On retiendra l'affirmation de DEBKAFiles ( http://www.debka.com/article/21459/ ), selon laquelle les USA ont renoncé de sanctionner l'Iran malgré la conviction qu'ils ont du fait que cette dernière est sur le point de se doter de la bombe. Ce renoncement va directement à l'encontre des pressions considérables du lobby israélien en Amérique AIPAC ( http://www.dedefensa.org/article-hr_1905_la_loi_folle_de_la_guerre_contre_l_iran_et_du_desordre_du_systeme_07_11_2011.html ) Il découle du fait que les Etats-Unis n'ont plus la capacité militaire de soutenir, ou de participer à une attaque contre l'Iran d'une façon adéquate selon leurs conceptions.

Comme le souligne DEBKAFiles, c'est une “première” dans l'histoire des Etats-Unis, dont l'affirmation militaire est la principale manifestation “activiste” de leur puissance, et un moyen fondamental de mettre en actes leurs pressions constantes et leur hégémonie sur le reste du monde. Il s'agit donc du terme d'une décadence continue des capacités de cette puissance militaire depuis les années 1950, lorsque l'appareil militaire US était d'une capacité telle qu'il pouvait envisager “deux guerres et demie” (c'est-à-dire, simultanément, deux guerres conventionnelles du plus haut niveau, – comme pendant la Deuxième Guerre mondiale, en Europe et dans le Pacifique, – et en plus une “demie guerre”, ou guerre de basse intensité, de type non conventionnel, comme une guerre de contre-guérilla ou une guerre conventionnelle contre une puissance régionale de capacités non globales). Aujourd'hui, les USA sont officiellement engagés dans l'équivalent de ce que l'on nommait dans les années 1950 une “demie guerre” (en Afghanistan) et ils estimeraient ne pas pouvoir envisager un autre engagement d'une intensité équivalente, quoique dans des conditions très différentes, contre l'Iran, si la nécessité s'en présentait.

Bien entendu, on constate également, dans l'analyse de DEBKAFiles, la mention des interférences de la crise financière et de la crise économique, aussi bien au niveau intérieur américain qu'au niveau international, dans le blocage de la politique de Washington à l'égard d'une option du type « sanctions dures/attaque possible ». On observera que ce schéma correspond à l'évolution que nous avons signalée le 2 novembre 2011 , selon laquelle les relations internationales deviennent chaotiques, du fait que les puissances, et particulièrement les USA, sont conduites à une politique extérieure complètement dépendante de leurs crises intérieures, et par conséquent limitée d'autant.

Dans le cas des USA, ceci est particulièrement grave, dans la mesure où leur puissance est effectivement basée, comme on l'a déjà dit, sur l'outil militaire, et un outil militaire appuyé sur une capacité de projection de forces extrêmement coûteuses et extrêmement lourdes du point de vue économique - et en contrepartie, extrêmement sensibles à des conditions intérieures détériorées. La démonstration en serait donc faite ici, confirmant que la position en retrait des USA durant l'affaire libyenne était bien l'expression de ces premiers signes de la fin de la supériorité militaire absolue des USA sur le reste du monde – et, surtout, de la fin de la capacité des puissances de maîtriser leurs politiques extérieures. Il s'agit bien de l'entrée dans une ère nouvelle, inaugurée avec l'effondrement de la puissance militaire soviétique, où les événements imposent les politiques, et notamment les événements intérieurs par rapport aux politiques extérieures.

On voit mal dans ces conditions Israël persister à laisser entendre qu'il prendrai seul le risque d'attaquer l'Iran.

08/11/2011
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Les israéliens frapperont
08/11/2011 21:14:16 | Par : manuel
C'est assez mal connaître les israéliens que penser qu'ils laisseront l'Iran faire la bombe. Ils n'oublient pas le fou qui a déclaré vouloir rayer Israël de la carte. La première volonté du sionisme était : un Etat où les juifs vivraient en sécurité. Ils frapperont les premiers j'en suis absolument convaincu. ( ils avaient frappé en Irak...)



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