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Minorité de blocage aux Chantiers de l'Atlantique?

Le gouvernement français s'est enfin ému des risques crées par la prise de contrôle des Chantiers de l'Atlantique par le coréen STX. Il envisage de se donner une minorité de blocage. Mais la réaction est bien tardive et timide. Rien ne permet aujourd'hui de garantir la réussite de ce sursaut de patriotisme industriel, pourtant plus que légitime. A suivre de près.

Nous avions signalé dans un article précédent (http://www.pan-europe.org/article.php?article_id=315&rubrique_id=5) le véritable scandale qu'avait représenté l'indifférence de l'Etat français devant le rachat des Chantiers de l'Atlantique, devenu Aker Yards France, suite à un précédent rachat  par le coréen STX. Nous écrivions : La prise de contrôle d'Aker Yards par le coréen STX nous confirme dans le diagnostic selon lequel, si les gouvernements européens ne s'engagent pas financièrement, comme le font, directement ou indirectement, les Etats asiatiques, dans les industries stratégiques civiles et militaires, ils perdront les dernières compétences dont dispose encore l'Europe.

 Cette prise de contrôle n'avait à l'époque guère ému l'opinion, sauf très localement à Nantes Saint Nazaire. Il se trouve cependant que quelques réflexions ayant sans doute été faites en haut lieu à ce sujet, un début de bonne nouvelle vient d'être rendu public. Le Premier ministre a annoncé, jeudi 12 juin, que l'Etat allait entrer dans le capital du constructeur naval Les Chantiers de l'Atlantique, en se portant acquéreur de 9 % des actions du propriétaire, le groupe norvégien Aker Yards. L'Etat devrait par ailleurs récupérer les 25 % d'actions que l'ancien propriétaire Alstom s'était engagé à conserver jusqu'en 2010. Il disposerait ainsi, avec 34 % du capital, d'une minorité de blocage sur le chantier.

Nicolas Sarkozy soutient l'opération, qui doit selon lui  permettre de "sécuriser les intérêts stratégiques et industriels de la France". Elle se fait  par le biais du sud-coréen STX Shipbuilding, actionnaire principal d'Aker Yards.

Mais les intérêts capitalistes n'ont pas dit leur dernier mot. La résistance vient en premier lieu du norvégien Aker Yards. Peu après l'annonce de François Fillon, Aker Yards a manifesté son étonnement. "Nous sommes surpris d'apprendre par voie de presse que le gouvernement français a annoncé son intention d'acheter au total 34 % des actions d'Aker Yards France après un dialogue avec STX", a indiqué Svein Sivertsen, président du conseil d'administration et directeur général par intérim d'Aker Yards. "Le conseil d'administration n'a pas, dans le passé, envisagé de céder une part de ses activités françaises.  Nous considérons comme improbable une cession d'une partie de nos activités si les conditions ne sont pas attrayantes." Il dit maintenant s'attendre à recevoir des informations plus détaillées sur les intentions du gouvernement français.

Torbjoern Andersen, le porte-parole d'Aker Yards, a de son côté expliqué que le groupe sud-coréen STX est bien actionnaire majoritaire d'Aker Yards, mais "n'a pas d'actions dans Aker Yard France", laissant entendre qu'il revenait à Aker Yards, et non pas à son principal actionnaire, de procéder à une éventuelle cession. Le fait que, sauf opposition du gouvernement français via sa minorité de blocage,  STX envisagerait certainement de délocaliser en Corée, sans l'avis de Aker Yards,  l'essentiel des compétences exclusives des Chantiers de l'Atlantique dans le naval civil et militaire n'inquiète aucunement les Norvégiens. Ils ont manifestement d'autres chats à fouetter.
12/06/2008
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