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Comment répondre au piège qui menace François Hollande et le PS d'ici les élections présidentielles

Il n'est pas difficile d'écouter longtemps les représentants de la majorité, dès ce lundi 17 octobre, pour se représenter les mâchoires du piège dans lequel ils entendent faire tomber François Hollande et le PS d'ici les élections présidentielles - et ceci le plus tôt possible, sans attendre le printemps prochain.La leçon vaudra pour de futures majorités socialistes en Europe.

L'objectif du parti de Nicolas Sarkozy  est de démontrer 1/ que les promesses du PS sont irréalistes au regard des contraintes de la crise internationale et 2/ que François Hollande n'a pas une étoffe d'homme d'Etat lui permettant d'y faire face. Ils comptent ainsi décrédibiliser la gauche aux yeux de ses électeurs, démontrant à l'avance qu'elle sera incapable de gouverner. Ils feront par ailleurs revenir à eux les électeurs de droite et du centre qui se sont pour le moment éloignés de Nicolas Sarkozy.

Un homme et un parti au pouvoir sont en général favorisés par rapport aux challengers car ils disposent de tout l'appareil de l'Etat pour présenter les meilleurs solutions possibles, en face d'une opposition mal informée, peu réactive et nécessairement plus ou moins divisée. Dans ces conditions, perdre les élections suppose de la part du gouvernement en place un grand nombre de maladresses. Ce fut le cas de Valéry Giscard d'Estaing en 1981. On peut supposer que Nicolas Sarkozy ne fera pas les mêmes erreurs.
 

De plus, il sera servi par des circonstances autrement dramatiques, qu'il sera le mieux placé pour exploiter. Dans les prochains mois, la situation du monde deviendra très vraisemblablement instable et imprévisible. Tout pourra arriver, de l'aggravation brutale des crises actuelles à l'apparition de mouvements politiques inattendus. On peut penser à la généralisation de mouvements tels que ceux des Indignés ou, à l'opposé, à la mise en place de gouvernements autoritaires décidés à jouer le tout pour le tout en vue de sauvegarder divers intérêts politico-industriels s'estimant menacés. Même si la France ou l'Europe n'étaient pas directement touchées par de tels événements, elles ne pourraient s'en tenir écartées.

Les droites au pouvoir, en France et en Europe, ont tout intérêt à ce que ces évènements se produisent. En France, même si, avant les élections de 2012, de tels bouleversements restaient limités, il est à peu près certain que la conjoncture ne restera pas celle qu'elle est aujourd'hui. Elle ne pourra que s'aggraver. De ce fait, les programmes des oppositions socialistes, qui ont eu le tort de n'avoir pas prévu le pire, seront de facto rendus inadéquats. Ils devront être repositionnés en catastrophe, sans dialogue possible avec les électorats. Ceux-ci s'estimeront trompés. Les électeurs de droite au contraire ne pourront que savoir gré à leurs gouvernements de protéger leurs intérêts, fut-ce au prix d'une rigueur accrue (imposée au peuple).

Mais il y a plus grave. Comme nous l'avons indiqué, à supposer que le candidat François Hollande se soit entouré d'une équipe compétente - il restera un homme seul pour porter la voix de l'opposition de gauche dans la tempête. Le gouvernement Sarkozy pourra à l'inverse mobiliser tous ses experts, toutes les informations dont il disposera, tous ses appuis médiatiques pour préparer les meilleurs réponses possibles aux crises, d'où qu'elles proviennent. Dans l'idéal, le PS aurait du, non seulement définir un programme dit de gauche, plus ou moins bien conçu, mais décliner par avance l'ensemble des modifications qu'il serait obligé de devoir apporter à ce programme, en urgence, pour répondre à un éventail de crises futures. Ceci n'a pas été réalisé, faute de moyens et de motivations. Cela restera difficile à faire dans les prochains mois, pour les mêmes raisons. Même si l'opposition réagissait intelligemment aux crises, elle le ferait par définition trop tard face aux procès en incompétence menés par le pouvoir.

Un shadow cabinet

Nous ne voyons qu'une solution immédiate pour sortir de ce piège: que le PS et ses alliés constituent dès demain un gouvernement virtuel - les Britanniques parlent de « shadow cabinet » qui se donne pour tâche, sans attendre, d'actualiser le programme de la gauche pour tenir compte des crises futures. Il faudra aller plus loin: faire connaître en temps réel, avant même d'être au gouvernement, les solutions qu'adopterait ce shadow cabinet, c'est-à-dire la majorité socialiste, lors de crises susceptibles de survenir très prochainement - ceci du moins si ces solutions étaient différentes de celles de la majorité actuelle. François Hollande et ses équipes auraient ainsi de bons arguments pour critiquer de leurs point de vue les réactions du pouvoir.

 Constituer un shadow cabinet permettra par ailleurs, sans attendre, de recruter et tester de futurs ministres. La technique permettra enfin, comme en Grande Bretagne, de mobiliser les compétences (hors le temps de travail) des experts des administrations et des entreprises, publiques et privées, ne supportant plus la destruction par l'actuel gouvernement, au profit du capital financier, de tout ce qui avait fait la grandeur de la France.
17/10/2011
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