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Nouvelle relance américaine

Après avoir beaucoup tergiversé, Obama se décide à présenter très prochainement devant le Congrès le « paquet » de $447 Milliards destiné à relancer l'activité face au maintien du chômage.

Il s'agit de suppressions de taxes pour les petits revenus et de mesures de dépense jusque là refusées par les Républicains, mais sur lesquelles vu l'urgence de la situation de crise il espère obtenir un accord. Rien n'est encore acquis car les Républicains vont demander l'évaluation détaillée de ce programme par le Bureau du Budget du Congrès (Congressional Budget Office) non partisan. Mais on peut penser que l'opposition va momentanément suspendre son refus de dialogue avec la Maison Blanche, qui paraîtrait de plus en plus suicidaire.

Cette action de relance est considérée par les plus keynésiens des Démocrates comme trop timide vu l'ampleur de la crise. Paul Krugman l'a qualifiée d'« insuffisante et trop tardive ». De plus, les promesses de taxation des hauts revenus n'ont pas été tenues. Enfin un certain nombre de dépenses, notamment dans les infrastructures, bien que très utiles à terme, n'auront pas d'effet immédiat sur le chômage.

Il apparaît cependant qu'Obama, confronté à la nécessité de rassembler une majorité suffisante pour obtenir sa réélection, ait clairement décidé de s'engager à gauche. Il renonce ainsi à sa politique de recherche de compromis avec les plus déterminés de ses ennemis, qui lui a valu une baisse dramatique de popularité parmi ses soutiens traditionnels. Par ailleurs, il semble ne plus accepter de céder au terrorisme de ceux qui voudraient à tous prix diminuer la dette publique pour reconquérir les bonnes grâces des agences de notation.

Ceci devrait être une leçon pour les dirigeants européens, qui ont traditionnellement les yeux fixés sur Washington pour savoir comment se comporter. En fait, le minimum face à la crise de la dette souveraine qui après la Grèce risque d'emporter l'Italie ou l'Espagne, serait de mutualiser l'ensemble des dettes publiques au sein d'une Agence européenne de la Dette, que la Banque européenne approvisionnerait en liquidité pour faire face aux échéances les plus immédiates. Ceci évidemment sans préjudice de mesures visant non à sabrer dans les dépenses publiques et investissements indispensables, mais à augmenter la contribution des riches, lutter contre la spéculation et autres éléments d'un véritable programme économique et social que devraient adopter les gauches européennes, sinon l'ensemble des partis européens de gouvernement.


13/09/2011
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