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Finalement, l'Irlande a dit non

Et si l'Irlande disait non, écrivions nous le 10 juin. Nous ajoutions qu'un éditorialiste prudent aurait du attendre le résultat du vote, afin de ne s'exprimer qu'en connaissance de cause. Aujourd'hui 13 juin, nous connaissons le résultat. C'est non. Notre commentaire reste cependant le même. Le fait qu'un rejet du Traité par quelques centaines de milliers d'Irlandais puisse remettre en question un processus déjà quasiment décidé par des centaines de millions d'Européens mérite à lui seul réflexion.

Comment une démarche aussi indispensable que la création d'une puissance politique européenne souveraine puisse avoir été si mal engagée et si mal défendue qu'elle soit à la merci de quelques imbéciles, ne voyant pas plus loin que le bout de leur nez ?

On répondra que ces imbéciles ont tort, comme le fait Daniel Cohn Bendit. L'Eurodéputé européen, dans un petit article du Monde (8/9 juin, p. 7) explique que « nous sommes dans des sociétés à logique égoïste. La réaction basique est de protéger ses propres acquis ». Les nonistes irlandais ne sont pas les seuls à ne voir que leurs intérêts immédiats, sans se rendre compte qu'ils sacrifient à terme la survie  de l'ensemble. Beaucoup de gens qui s'opposent au processus de construction européenne en lui reprochant d'être illisible, c'est-à-dire non explicitement conforme à leurs vœux, défendent en fait des intérêts de basse cour.

Admettons. Mais qui parmi les défenseurs du projet européen a su s'élever au dessus de ces intérêts pour proposer une vision globale s'appuyant sur une géostratégie à long terme ? Qui a su dynamiser les énergies des citoyens européens en décrivant une Europe des grands projets et des grandes ambitions ? Personne, car si cela avait été le cas, cela se serait su. Ceux ayant eu la hauteur d'esprit et le courage  pour le faire seraient indiscutablement reconnus par tous comme des références politiques dans une Europe en mal d'idéal.

Aujourd'hui, moins que jamais, malheureusement, ceux vers lesquels les regards se tourneront quand il s'agira de remédier  aux conséquences désastreuses d'un non irlandais, Merkel, Sarkozy, Juncker, ne seront sans doute pas capables de le faire. Ils ne sauront que s'abriter derrière la puissance américaine déclinante et de ce fait dangereuse pour redonner souffle à une Europe peu à peu transformée en Otan.

Le Non irlandais met à nu aux yeux de tous le fait que l'Europe est incapable de s'auto-organiser pour assurer sa survie. Peut-on espérer que la tentation eschatologique du désastre salvateur inciterait  certains des déçus d'un grand projet européen à le faire. Notre livre en tous cas, "L'Europe et le vide de puissance", parait plus que jamais d'actualité.
13/06/2008
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Nombre de réaction(s) : 1
L'Europe se bloque, Sarkozy dîne avec Bush
13/06/2008 20:34:58 | Par : Marin
L'Europe se bloque. On attendait Sarkozy au 20h, avec de fortes paroles. Mais non, Mr et Mme dinent avec les Bush. Hasard du calendrier, peut-être, mais bien révélateur
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