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Une quasi OPA de Wall Street sur le FMI

Le conseil d'administration du Fonds monétaire international examinera le mardi 28 juin les deux candidatures au poste de directeur général, celles du Mexicain Agustin Carstens et de la Française Christine Lagarde. Il pourrait faire son choix dès cette date.

Les 24 membres du FMI, représentant huit pays et seize groupes de pays, se sont entretenus avec les deux candidats. Ou bien ils trouveront un « consensus » sur un nom, ou bien ils procéderaient à un vote. La procédure doit aboutir jeudi 30.

Christine Lagarde est la favorite. Elle est assurée du soutien de sept administrateurs ressortissants de l'Union européenne et de deux Africains: un Egyptien et un Togolais. M. Carstens peut compter sur son compatriote mexicain et sur un administrateur argentin. Le Canada et l'Australie se sont aussi ralliés à sa candidature vendredi soir. La préférence des onze autres n'a pas été rendue publique à ce stade.

Si Christine Lagarde était élue, les pays européens présenteraient cela comme un succès de l'Union européenne. Mais au contraire de Dominique Strauss Kahn qui avait su prendre certaines distances avec les intérêts financiers et politiques américains (ce qui, combinée avec une imprudence personnelle inimaginable, a provoqué sa perte), Christine Lagarde, bien que française, est un pur produit de Wall street. Il s'agit d'une femme certes remarquable, mais que, dès sa nomination par Nicolas Sarkozy, tous les observateurs, même issus de la majorité présidentielle, avait identifiée comme une pièce avancée des stratégies américaines pour combattre la souveraineté européenne. Au FMI, elle sera bien plus libre encore qu'à Paris pour jouer ce jeu.

Le soutien appuyé qu'a donné Nicolas Sarkozy à sa candidature éclaire corrélativement le vrai ressort de la politique économique et diplomatique de celui-ci. Ce ressort reste l'atlantisme. Selon les circonstances,et pour plaire à des publics différents, il peut adopter d'autres tons. Ce fut le cas au dernier Salon du Bourget où il a surpris tout le monde en faisant l'apologie de la souveraineté européenne, ce qui ne pouvait que plaire aux industriels européens de la défense. Mais les actes ne suivent pas les discours. Il y a tout lieu de penser que dans l'avenir la courroie de transmission entre Washington, Bruxelles et Paris fonctionnera mieux que jamais. Nous aurons très vite l'occasion de le constater.



26/06/2011
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