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Actualités scientifiques européennes

Deux exemples de ce que l'Europe pouvait faire, si elle cessait de se laisser diriger par les agences de notation américaines.
La destruction programmée de l'ATV

Johannes Kepler, le 2e exemplaire de l'ATV (Automated Transfer Vehicle) mis à la disposition de la Station internationale par l'Esa pour assurer des liaisons avec la Terre, sera renvoyé pour destruction dans les couches hautes de l'atmosphère, avec sa cargaison de déchets, le 21 juin.

Il aura, comme le précise l'article de l'Esa cité ci-après (http://www.space-travel.com/reports/ATV_preparing_for_fiery_destruction_999.html) accompli jusqu'au bout la totalité des missions qui lui avaient été prescrites, à commencer par un accostage en mode automatique parfaitement réussi. Il a également, en utilisant ses seuls moteurs, remonté l'ISS à son altitude nominale de croisère.

Nous répéterons une nouvelle fois ce que nous ne cessons de dire à ce propos. Il est véritablement scandaleux que l'Esa, faute de la volonté adéquate des Etats membres, n'ait pas reçu les crédits nécessaires pour transformer l'ATV en module de transport (fret et personnel) totalement autonome. L'ATV ainsi augmenté pourrait s'intégrer très efficacement dans une chaine lanceur-module-orbiteur que l'Europe pourrait affecter à de prochaines missions d'exploration planétaires, au lieu de laisser le champ totalement libre à la Chine et à l'Inde.

Un super Concorde évoqué par EADS


Le Concorde a laissé de grands souvenirs, malgré l'accident final, tant dans le monde de l'aéronautique que dans le grand public. Il n'est donc pas étonnant que le Salon du Bourget ouvert ce jour se transforme en chambre d'écho pour le projet déjà baptisé Super-Concorde dit ZEHST. Des études ont été lancée dans le cadre d'un partenariat associant EADS, l'ONERA, la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) et l'homologue japonaise de celle-ci.

L'objectif serait de rallier Paris à Tokyo en 2h30, aux alentours de 2050. L'avion destiné aux voyages d'affaires disposerait de 50 à 100 sièges. Il devrait pouvoir voler à très grande vitesse, à très haute altitude, tout en ne produisant pas d'émission polluante. Astrium, la filiale spatiale de EADS, avait déjà procédé à des études préliminaires pour son programme d'appareil sub-orbital, le Space plane.

L'appareil sera doté de trois types de moteurs qu'il utilisera pendant les différentes phases du vol : du décollage jusqu'à 5000 mètres d'altitude avec un turbo-jet assez proche de ceux qui équipent les avions d'aujourd'hui mais alimenté par des biocarburants de 3e génération développés à partir de la culture d'algues. Lors de la montée en altitude, au-delà de 20.000 mètres à 0,8 mach, l'appareil utilisera des moteurs cryogéniques comme ceux du lanceur Ariane, alimentés par de l'hydrogène. Puis pour le passage à sa très grande vitesse de croisière (mach 4) et à une très haute altitude (32.000 mètres) ZEHST utilisera des moteurs appelés Ramjets ou statoréacteurs qui équipent aujourd'hui les missiles de croisière. Notre ami Jean-Claude Empereur rappelle que les statoréacteurs avaient été rendus opérationnels par l'ingénieur français René Leduc (Leduc 022 puis Griffon II).

Certains commentateurs se demandent si les pays avancés ont besoin d'investir dans un moyen de transport aussi coûteux alors que d'une part vers 2050 plus de 8 milliards de personnes continueront à se déplacer à pied et que, d'autre part, les futurs réseaux intelligents pourront assurer la téléprésence à faibles coûts sur l'ensemble de la planète.

Nous sommes de ceux qui pensent au contraire que l'audace technologique ne devrait en aucun cas être arrêtée par des considérations relatives aux prévisions faites aujourd'hui concernant l'évolution des technologies et de leurs usages. De nouvelles technologies généreront leur propre avenir, surtout si elles visent à des percées innovantes. Les redondances éventuelles ne seront pas nuisibles, bien au contraire.

Il ne faut donc pas condamner cet avenir au regard de prévisions faites par des critiques mal informés, jugeant plus par conservatisme que par raison. Vive donc le futur Concorde européen, et les retombées de toutes sortes qu'il ne manquerait pas d'avoir, y compris dans le domaine spatial, si le projet était mené à terme. 
20/06/2011
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