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L'accord Fatah-Hamas, l'avenir d'Israël et le rôle de l'Europe

Les révolutions arabes, y compris lorsque leurs suites restent encore incertaines, avaient réussi à détourner l'attention de l'évolution des relations entre Israël et ses voisins, ceci jusqu'aux Etats-Unis traditionnels soutiens de l'Etat juif.

Ces révolutions viennent d'avoir cependant un résultat qui s'impose à l'attention du monde et rappelle l'urgence d'un traité de paix entre Israël et la Palestine. Il s'agit de l'accord qui vient d'être rendu public entre le Fatah et le Hamas, redonnant un rôle essentiel au président Mahmoud Habbas.

Le printemps arabe sensible jusque en Palestine et même semble-t-il à Gaza, combiné à l'affaiblissement du président syrien voire à la perspective d'un changement de régime à Damas, ont convaincu les deux frères ennemis palestiniens à trouver un terrain d'entente. Le Hamas semble avoir perdu une partie de ses appuis en Syrie, tandis que le soutien de l'Iran se faisait plus chancelant. L'Egypte de son côté, à l'instigation du ministre Nabil El-Araby, avait repris des pressions, dont Hosni Moubarak avait été l'instigateur, pour la création d'un Etat palestinien, la formation d'un gouvernement de transition et le choix d'une date pour les élections. La Turquie s'y est associée. 

L'avenir de cet accord et par conséquent l'évolution des relations avec Israël reposera d'abord très largement dans les mains du peuple palestinien. Les plus extrémistes choisiront-ils la persistance du conflit, avec attentats, morts et représailles. La majorité des Palestiniens préférera-t-elle une relation pacifiée avec Israël, dont les bénéfices économiques et moraux ne seraient pas négligeables. Dans ce cas, Mahmoud Abbas verrait confirmer sa légitimité afin de signer un accord durable avec les Israéliens, sans être qualifié de traitre.  Il a du pour cela cependant concéder d'importantes contreparties au Hamas, en acceptant son renforcement en Cisjordanie et en libérant des terroristes impliqués dans des actions contre Israël.


Comme prévisible, l'accord a été reçu à Jérusalem avec une consternation affichée. Certes, des négociations secrètes s'étaient tenues en Turquie sous l'égide américaine avec l'arbitrage du premier ministre Erdogan mais elles trainaient en longueur. Les services de renseignement israéliens auraient du prévenir Benjamin Netanyahou du fait que la conjoncture politique dans la région était en train de changer. Or il a réagi par une surprise indignée, en affirmant que le Hamas visait toujours à détruire Israël et, en attendant, continuait à « tirer des roquettes sur les Israéliens ». Il savait depuis longtemps cependant que les Etats-Unis, faute d'être crédibles dans une intervention directe, avaient réactivé une négociation avec la Turquie destinée à faire de celle-ci la garante d'un accord de paix palestino-israélien.

Les Israéliens devront donc rapidement revoir leur stratégie fondée sur la dissension entre Fatah et Hamas. Comment réagiront les partis actuels? Sans doute mal. Le parti travailliste semble décomposé. Le parti centriste Kadima ne propose pas de politique. Benjamin Netanyahou dispose d'une majorité de droite qui semble lui laisser les mains libres. Mais qu'en fera-t-il? L'intransigeance et la stagnation semblent lui être désormais interdites. En bonne logique, l'unité palestinienne retrouvée devrait permettre la formulation de propositions palestiniennes originales, présentées officiellement avec la reconnaissance « de jure » de l'Etat d'Israël, incluant des concessions notables sur quelques questions fondamentales. Le droit au retour des réfugiés, la rectification des frontières de 1967 et la question des implantations devraient faire l'objet de propositions palestiniennes devant lesquelles l'opinion israélienne devra se prononcer. De nouvelles élections en Israël seront sans doute nécessaires.

Peut-on espérer que le vent de liberté et d'indépendance qui souffle actuellement au sein des populations du Moyen-Orient touchera aussi les peuples palestiniens et israéliens ? Ainsi ils pourraient pousser à l'entente réciproque malgré les résistances de leaders restés attachés à leurs anciens pouvoirs. L'Europe, mieux encore que les Etats-Unis, toujours suspectés (non sans raisons) d'arrière-pensées militaro-industrielles, pourrait trouver là l'occasion d'affirmer enfin une diplomatie contribuant à la pacification durable de la région, autrement dit à la résolution de l'interminable conflit israélo-palestinien, lequel se répercute partout dans le monde, y compris dans les banlieues européennes.

On attend maintenant de Bruxelles, comme des principaux gouvernements européens, des incitations claires et des aides concrètes allant dans le sens de la paix. Puisse-t-on ne pas attendre trop longtemps.

05/05/2011
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