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Tensions croissantes entre les Pays du Golfe et l'Iran

Ce ne sont pas des lendemains souriants qui s'annoncent au Proche et Moyen-Orient. Beaucoup y voient une accélération inévitable du processus de crise du système global qui nous emporte tous. L'addiction persistante de l' « Occident » au pétrole en demeure une des causes principale.
Selon l'agence russe Rianovosti http://fr.rian.ru/world/20110418/189190863.html, les pays du Golfe demandent le 17/18 avril, par l'intermédiaire de l'organisme du Conseil de Coopération du Golfe qui les regroupe, que l'ONU prenne les mesures "nécessaires" «pour mettre fin à l'ingérence de l'Iran dans les affaires intérieures de ses membres... [...] "Le CCG appelle la communauté internationale et le Conseil de sécurité de l'Onu à adopter toutes les mesures nécessaires afin de faire cesser l'ingérence explicite de l'Iran, les menaces et les provocations dont il se sert pour semer la discorde au sein des pays de la région".» L'Arabie saoudite menace par ailleurs de fermer sa représentation diplomatique à Téhéran, devant les manifestations hostiles qu'elle suscite de la part de manifestants iraniens, suite à la présence de troupes saoudiennes à Bahreïn

Beaucoup d'observateurs attribuent ce qu'ils nomment une paranoïa saoudienne aux suites du "printemps arabe" et aux menaces que celui-ci recèlerait à l'égard de l'équilibre entre tensions contraires jusque là péniblement maintenu par le Royaume. Pour l'Arabie, faire systématiquement des troubles actuels le fruit d'un complot iranien représente une solution de facilité. Ceci pourrait par ailleurs leur assurer le soutien des Etats-Unis, dont malgré certaines rodomontades, ils seraient bien en mal de se passer.

Les fragilités grandissantes menaçant les rapports de forces dans la région ne peuvent en effet qu'inquiéter les monarchies du Golfe. Si des soulèvements de minorités, chiites ou non, se développaient, on ne voit pas comment sans faire appel à l'armée, sur une bien plus grande échelle qu'à Bahreïn, les gouvernements en place pourraient se maintenir. Mais un tel recours à la force ne serait pas concevable sans l'engagement américain. Celui-ci serait alors tout à fait en contradiction avec le soutien apporté, fut-il du bout des lèvres, par Barack Obama aux insurgés libyens. 

Quant à l'Iran, elle reste un grand mystère, y compris au regard des services de renseignements américains qui faute d'informateurs suffisants en seraient réduits à faire appel à des « Iran watchers » improvisés s'appuyant sur des conversations avec des chauffeurs de taxi (http://www.mcclatchydc.com/2011/04/17/112290/state-department-cables-reveal.html).

L'évaluation des rapports de force géostratégiques dans l'ensemble de la région, sinon du monde, changerait en effet sensiblement si l'on pouvait connaître approximativement l'état de l'opinion et la force des minorités en Iran. Les oppositions latentes y prennent-elles une importance suffisante pour gêner l'action du gouvernement? Celui-ci au contraire pourrait-il arguer, comme il l'a fait jusqu'à présent, de menaces extérieures à l'encontre du régime pour pousser à une militarisation accrue des relations avec les pays voisins et surtout avec les Etats-Unis.

Les « faucons » américains n'hésitent pas pour leur part à parler d'une « nouvelle guerre froide » s'étant établie entre l'Amérique et l'Iran - ce qui soit dit en passant est donner beaucoup d'importance à ce pays en le comparant à l'ancienne URSS. http://online.wsj.com/article/SB10001424052748704116404576262744106483816.html?mod=WSJ_hp_LEFTTopStories) Cette guerre ne pourrait selon les plus interventionnistes au sein du lobby militaro-pétroléo-industriel américain, que déboucher sur une guerre avec l'Iran. On peut penser que les faucons israéliens, pour leur part, en seraient fort heureux.

Pour compliquer l'évaluation de la situation globale, on ne peut pas nier le fait que le renforcement de l'armement et des actions des insurgés libyens ouvrira inévitablement un créneau d'action inespéré à tous les mouvements plus ou moins militarisés (faut-il parler d'Al Qaida? ) agissant dans le Maghreb et le Sahel, notamment au Mali et au Niger. A cet égard le ministère français des affaires étrangères vient de mettre en garde les nationaux résidant dans ces deux pays contre des risques d'enlèvement. De plus en plus d'armes lourdes circulent et il serait naïf de penser que des minorités agissantes ne s'en saisiraient pas, y compris pour des actions de type terroriste en Méditerranée et en Europe. Cela ne remettrait pas en cause la légitimité jusque là apportée par l'Europe aux « démocrates » libyens, mais obligerait les Européens à renforcer leurs mesures de défense en interne.

Bref ce ne sont pas des lendemains souriants qui s'annoncent. Beaucoup y voient une accélération inévitable du processus de crise du système global qui nous emporte tous. L'addiction persistante de l' « Occident » au pétrole en demeure une des causes principales
19/04/2011
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