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Le piège dans lequel s'enferment les partis socialistes européens

De quel piège s'agit-il? Si les partis socialistes européens voulaient à être à la hauteur des ambitions qu'ils expriment, en proposant aux citoyens des changements de société profonds, susceptibles de dynamiser l'enthousiasme et la participation de tous ceux que décourage actuellement la politique, ils devraient éviter de se limiter à des mesures certes recevables mais timorées, dont ne sortira pas la grande flamme qui serait nécessaire.


Le programme que vient d'adopter le parti socialiste français est un exemple de cette timidité. Par volonté de rassembler toutes les tendances internes au parti, tout en s'efforçant de recruter des voix au centre sans refuser le soutien des diverses gauches, il est particulièrement terne. En dehors de dispositions intéressant la fiscalité, qui présentent quelques innovations, il s'agit d'un ensemble de mesures qui seront aussi vite oubliées que formulées. Les réflexions du parti socialiste allemand ou de la gauche du Labour britannique, autant que l'on puisse en comprendre le sens, présentent la même banalité. Quant aux partis socialistes espagnol, italien, portugais ou grec, à part tenter d'atténuer la « rigueur » imposée par le FMI et l'Union européenne, on ne trouvera rien d'intéressant dans leurs idées.

Ce ne sera pas sur ces bases que ces partis reprendront le pouvoir. S'ils le font, du fait de l'asthénie encore plus grande qui frappe les droites européennes, ce sera pour assurer une gestion au jour le jour dont il ne restera rien après quelques mois. La sortie du Système, dont la plupart des citoyens ressentent un besoin urgent sans être généralement capables de dire quelles formes elle devrait prendre, restera longtemps un rêve animant au mieux de jeunes manifestants n'ayant que la rue pour s'exprimer. 

Le piège qui paralyse les gauches européennes tient au fait qu'une telle sortie du Système ne peut se concevoir au seul plan des Etats européens. Les seules actions à cette échelle sont celles proposées par le souverainisme. dont il est inutile de dire sur ce site qu'elles conduiraient à un retour en force des pires maux du Système, illustrées par la domination sans opposition des intérêts financiers et des oligarchies internationales. Dans un monde où les forces dominantes se regroupent en grands ensembles géopolitiques, aucun pays européen ne pourrait à lui seul définir des ambitions et conduire des politiques sans l'appui des autres – autrement dit en dehors d'un cadre européen.

Malheureusement le cadre européen existant, celui offert par l'Union européenne, est si défaillant, si soumis aux intérêts extérieurs, que les gauches européennes ne peuvent manifestement proposer à leurs électeurs de s'unir pour changer un tant soit peu le monde, tout en restant à l'intérieur des institutions européennes actuelles.

Pour bien faire, selon nous, au delà de quelques réformes de toutes façon indispensables qui devraient recueillir un large soutien, les partis de gauche européen devraient s'entendre pour proposer ensemble à la fois des réformes approfondies pouvant entraîner non seulement en Europe mais dans le monde entier un véritable changement de système, et les institutions européennes nouvelles qui permettraient de les assurer. Il faudrait évidemment pour ce faire s'inscrire dans le cadre mondial et sur le long terme, ce dont l'Union européenne s'est révélée incapable.

Nous reviendrons dans d'autres articles sur ce que pourraient être ces réformes et les institutions européennes à mettre en place dans ces perspectives. Bornons-nous ici à évoquer la question véritablement philosophale de l'énergie, de la façon dont on la produit, à quels usages on l'affecte et que seraient les organismes (essentiellement publics) capables de mettre l'ensemble en musique. Nous avons proposé dans cet esprit de créer, en doublure des institutions de l'Union européenne actuelle, une véritable Communauté européenne de l'énergie. Nous aimerions que les partis socialistes européens, qui devraient en bonne logique se retrouver dans une telle proposition, la reprennent à leur compte et la proposent ensemble aux citoyens européens.

La réforme sociétale nécessaire ne se limitera pas aux questions de l'énergie, fussent-elles essentielles. Mais comme l'actualité met l'énergie aux premières loges, les programmes politiques des gauches européennes trouveraient la visibilité qu'ils n'ont pas en mettant en priorité des propositions d'investissement et de réforme structurelle sur ces points. D'autres plus existentielles encore pourraient alors suivre.

10/04/2011
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