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La nucléarisation des Pays du Golfe

Les interdits imposés il y a maintenant des décennies par les puissances nucléaires pour limiter la dissémination de l'arme atomiques ne vont sans doute pas tarder à voler en éclat.

Selon l 'éditorialiste Arnaud De Borchgrave (source http://www.spacewar.com/reports/Commentary_Saudi_nukes_in_gulf_999.html) , le Prince Turki al-Faisal, ancien chef du renseignement en Arabie Saoudite, puis ambassadeur à Londres et Washington, aujourd'hui président du King Faisal Research Center, vient d'inciter devant l'Emirates Center for Strategic Studies les 6 Etats membres du Gulf Cooperation Council à transformer celui-ci en une organisation analogue à l'Union européenne, principalement pour se doter en commun de l'arme nucléaire. Pour le prince Turki, exprimant une vue qui se répand rapidement dans le Royaume et dans les pays du Golfe où domine une majorité chiite, la bombe leur devient indispensable, face à Israël qui la possède et l'Iran qui ne va pas tarder à le faire.

Les six pays membres du GCC sont l'Arabie Saoudite, le Kuwait, le Qatar, les Emirats Arabes Unis , Bahrain et Oman. Les gouvernements de ces pays n'auraient disent-ils aucune difficulté à financer à partir de leurs fonds souverains la mise en place rapide d'un arsenal nucléaire et de l'industrie sous-jacente – ceci semble-t-il sans aucune aide officielle provenant de l'Occident. La participation de certains de ces pays à la force internationale demandée par l'ONU pour instaurer une no-fly zone en Libye légitimerait à leur yeux ce changement radical dans l'équilibre stratégique. Mais ce sont aussi des pays où ont commencé à se faire sentir d'importantes résistances aux pouvoirs en place, dont certaines, comme à Bahrain, s'appuient sur une majorité chiite. On voit mal comment, compte-tenu d'une instabilité naissante, l'acquisition de l'arme nucléaire pourrait être envisagée sereinement.

C'est manifestement à l'Occident et principalement aux Etats-Unis, que le défi est lancé. Ceux-ci seront obligés de choisir explicitement entre leurs intérêts pétroliers, leurs bases militaires, leurs alliances traditionnelles avec des dictatures vieillies et un soutien plus ou moins bien pensant à des mouvements populaires se disant révolutionnaires et censés représenter un nouveau monde arabe. Barack Obama, dans le cas de la Libye, à réussi à éviter un choix douloureux, Khadafi ne représentant pas un allié susceptible d'être défendu. Mais la France et la Grande Bretagne seront également concernées. Il reste que les complicités de l'Arabie Saoudite avec un fondamentalisme religieux conquérant, voire potentiellement terroriste, ne rassureront personne. Si par ailleurs le GCC décidait de se doter de l'arme nucléaire, il est facile d'imaginer les réactions du Pakistan, de la Russie, de la Chine, sans mentionner de l'Iran elle-même.

On voit que les interdits imposés il y a maintenant des décennies par les puissances nucléaires pour limiter la dissémination de l'arme atomiques ne vont sans doute pas tarder à voler en éclat. Sur le cadran de l'horloge mise en place jadis par les Pugwash Conferences on Science and World Affairs. il est plus que jamais minuit moins 1 minute.



31/03/2011
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