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Le nouveau Fonds de soutien européen n'aborde qu'un seul aspect du problème

Les dirigeants européens ont entériné dans la nuit du 24 au 25/03, au moment où le Portugal est menacé de ne pas pouvoir payer sa dette souveraine, un intéressant dispositif de défense contre les crises de la dette. Il inclue un Fonds de soutien financier renforcé pour la zone euro. Ceci constitue une avancée indéniable de l'intégration européenne, mais qui oublie malheureusement le volet essentiel des investissements stratégiques
 
L'Allemagne, qui craignait de faire le plus gros des efforts en faveur des pays faibles a obtenu un étalement dans le temps des versements à effectuer pour financer le futur mécanisme de secours financier de l'Union monétaire.

Ainsi le Fonds de soutien temporaire pour aider les pays de la zone euro en difficulté, mis en place en 2011, va voir  sa capacité effective de prêt portée de 250 à 440 milliards d'euros. La question des modalités pour y parvenir, encore sujette à discussion, a été reportée au mois de juin. Un Fonds définitif, appelé mécanisme permanent de stabilité, lui succèdera à partir de mi-2013, nécessitant un changement du traité européen. Il sera doté de 500 milliards d'euros de capacité de prêt. Cette décision était déjà actée.  Pour y parvenir, il est prévu que les pays de la zone euro versent à partir de mi-2013 quelque 80 milliards d'euros en injection de capital. Les Etats verseront leur contribution en cinq tranches égales à partir de 2013.

Le reste des ressources du mécanisme sera constitué de garanties et de capital dit éligible. Par ailleurs, autre nouveauté: les Fonds de secours pourront acheter directement de la dette publique d'Etats en difficulté, en échange d'un programme strict d'économies. Les autres volet du dispositif anti-crise sont un renforcement de la discipline budgétaire commune, des tests de résistance des banques (les résultats doivent être prochainement publiés) et un "pacte pour l'euro" promouvant les réformes économiques, la limitation de la dette, la modération salariale et un certain degré de convergence des politiques fiscales.

Ce pacte a été mis sur pied prioritairement pour les pays membres de l'euro (Union monétaire). Mais il est ouvert aussi aux pays non membres de la zone euro. A ce stade, seuls cinq d'entre eux ont accepté la proposition: Danemark, Roumanie, Lettonie, Bulgarie, Lituanie et Roumanie.
D'autres pays d'Europe de l'Est l'ont déclinée car ils refusent pour le moment de faire converger les politiques fiscales nationales.

Ceux qui comme nous considèrent comme indispensable l'intégration progressive des gouvernances économiques et fiscales des pays européens jugeront que ces décisions représentent un pas en avant sans doute décisif. On a pu parlé de l'amorce de mise en place d'un FMI européen. Mais elles ne règlent qu'un aspect du problème: rendre plus difficile le laxisme budgétaire et économique de certains Etats. Car ceci se fera dans un premier temps aux dépens des dépenses publiques utiles: sociales, éducatives ou liées à des investissements dans les infrastructures. Par ailleurs, sans harmonisation des fiscalités sur les personnes, les plus pauvres continueront à supporter le coût des prélèvements obligatoires. C'est pourquoi le Parlement portugais a refusé de faire appel au Fonds, provoquant la démission du premier ministre Socrates. On verra sans doute se produire dans certaines capitales de nouvelles manifestations populaires contre une austérité jugée à juste titre injuste, alors que continuent à croitre les profits spéculatifs.

Plus généralement, ce pacte n'aurait de sens  à long terme que s'il s'accompagnait de la mise en place d'un Fonds d'investissement stratégique, alimenté aussi bien par des ressources budgétaires d'origine fiscale (sur les consommations à décourager,  notamment) que par des appels à des épargnes populaires. Ce fonds, souvent évoqué ici,  financerait les investissements à long terme essentiels (infrastructures, nouvelles industries, R/D) sans lesquels il n'y aura pas de reprise d'une croissance saine en Europe. On en est loin. L'idéologie libérale selon laquelle de telles dépenses doivent être prises en charge par le capitalisme financier privé règne encore partout en Europe.
26/03/2011
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Nombre de réaction(s) : 1
Manifestations à Londres
26/03/2011 23:07:50 | Par : jp.Baquiast
Ce jour 26 à Londres d'importantes manifestations conre l'austérité se sont produites. Des casseurs s'en sont pris aux symboles du luxe. Il n'est pas impossible que ce genre de réaction se généralise dans d'autres pays européens, sur le modèle de ce qui s'est passé à Madison (Wisconsin).
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