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La route de Madison

Les Européens révoltés par les abus du Système devraient étudier de près les résistances populaires qui, à Madison (Wisconsin. USA) et dorénavant dans bien d 'autres Etats, n'hésitent pas à s'opposer à des mesures qu'elles jugent iniques,

Les Français, et plus généralement les Européens, ont été tellement déformés par la softwar provenant depuis des décennies d'outre-atlantique qu'ils ne sont plus habitués à inventer le monde à leur propre initiative. Ils se bornent à copier les Américains. Mais dans certains cas, si l'exemple est bon, copier peut être utile. C'est ce que devraient faire les foules européennes, qui ne savent comment s'opposer aux monstres froids des marchés, des gouvernements sous influence et des oligarchies complices.

Dans ce but, les Européens révoltés par les abus du Système devraient étudier de près les résistances populaires qui, à Madison (Wisconsin. USA) et dorénavant dans bien d 'autres Etats, n'hésitent pas à s'opposer à des mesures qu'elles jugent iniques, alors mêmes que ces mesures sont parfaitement légales, au regard de la constitution et du droit public. Lesdites mesures sont proposées par des représentants républicains légitimement élus et leurs homologues dans d'autres Etats et au niveau fédéral n'avaient pas jusqu'ici soulever d'oppositions, sinon verbales Mais au Wisconsin, hasard de l'histoire, peut-être incident déclencheur d'une future révolution, elles ne plaisent pas au peuple.

Ceci parce que, alors que partout aux Etats-Unis et dans le monde les banques et autres grandes entreprises ont recommencé à s'enrichir, tout en ne payant pas d'impôts et en délocalisant les emplois, la nouvelle majorité associant l'essentiel des Républicains et beaucoup d'élus du Tea Party a décidé de tailler dans les dépenses publiques, au détriment des aides sociales, des effectifs de fonctionnaires et des investissements productifs. De plus, pour faire passer ces mesures, il est proposé d'interdire les syndicats du secteur public et les négociations avec ces derniers. Bref, il s'agit d'un véritable retour à la situation d'avant 1929 et le New Deal de Roosevelt. Trop c'est trop, ont du penser les citoyens de Madison, dont l'on peut difficilement supposer qu'ils soient manipulés par des ennemis extérieurs de l'Amérique. Tout au plus étaient un peu plus appauvris par la crise que ceux d'autres Etats, ou un peu plus sensibilisés aux thèses du non-violent et néanmoins radical Gene Sharp.

Quoiqu'il en soit, depuis ce qui semble déjà être des semaines, des foules nombreuses manifestent à Madison, bloquent l'entrée du Sénat local et reçoivent désormais, horresco referens, le soutien des policiers locaux, ceux-là même dont on veut remettre en cause les effectifs, les salaires et le droit syndical. On parle même de grève générale. Exemple intéressant, qui se reproduira peut-être ailleurs, mémétique oblige. Mais qu'en adviendra-t-il, diront les gens raisonnables ? Le Wisconsin n'est pas la Tunisie ou l'Egypte. Des manifestants, même nombreux, ne vont pas réussir à « ouster » (selon l'américanisme to oust qui veut dire « dégage ») les dirigeants en place. Et pour les remplacer par qui? Et pour quoi faire à leur place? Bref, tout devrait rentrer dans l'ordre.

Mais tout ne rentrera peut-être pas dans l'ordre. Quelque chose de nouveau se produira peut-être. Dans le Wisconsin ou ailleurs, y compris en Europe. On verra peut-être advenir une suite d'évènements aujourd'hui non imaginables, capables de faire tomber le Système présenté par les experts et ceux qui en profitent comme incontournable (TINA; there is no alternative). Peut-être? Pourquoi pas? Wait and see.

NB. Notre ami Philippe Grasset nous montre, dans l'article référencé ci-dessous « This is war » que la question préoccupe ou intéresse, selon les bords, beaucoup de médias américains. Peut-être l'auteur est-il un peu optimiste en y voyant l'annonce de la chute du Système. Mais Why not?



11/03/2011
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