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Comment résoudre les difficultés économiques de la Tunisie et de l'Egypte ?

Ces deux pays font actuellement l'admiration de l'Europe car ils semblent en train de se débarrasser sans drames des régimes autoritaires qui privaient jusqu'à présent leurs citoyens des droits civiques et des opportunités de vie considérés comme allant de soi au nord de la Méditerranée. Mais cela ne devrait pas faire oublier leurs responsabilités aux Européens.

En tant que voisins et alliés, ils ont une responsabilité dans la tâche immense consistant à offrir des perspectives économiques aux millions de travailleurs des villes et des campagnes actuellement sans travail. Parmi ceux-ci  se trouvent non seulement des ruraux mais des milliers de diplômés de l'enseignement supérieur qui ne trouvent pas aujourd'hui la possibilité de valoriser leurs compétences. Si les gouvernements de transition ou les gouvernements réellement démocratiques qui leur succéderont ne peuvent pas aider ces populations à sortir du chômage et de la misère, la déception sera telle que les mouvements extrémistes n'auront aucune difficulté à radicaliser les débats politiques. Une fois au pouvoir, ils se chercheront inévitablement des alliées dans des Etats qui n'ont, c'est le moins que l'on puisse dire, aucune sympathie pour l'Europe et sa civilisation.

Mais comment les pays européens pourraient-ils aider la Tunisie, en premier lieu, mais aussi l'Egypte, à se moderniser suffisamment pour que l'émigration n'apparaisse plus à leur jeunesse comme la seule façon de sortir du chômage? L'échelle des problèmes n'est évidemment pas la même. La Tunisie est un pays relativement petit, ayant atteint sa transition démographique, où beaucoup d'activités auto-suffisantes existent déjà, pas seulement dans le tourisme. Elle n'est pas très différente à cet égard de beaucoup des Etats entrés récemment dans l'Union européenne. Mais ceux-ci ont l'avantage, du fait de leur appartenance à l'Union, de pouvoir bénéficier des opportunités ouvertes à un grand ensemble qui est encore la 2e ou la 3e puissance mondiale.

Pour que la Tunisie puisse rejoindre dans le développement  ses voisins européens, elle devrait bénéficier d'investissements dans les domaines de l'industrie, de l'agriculture et des infrastructures supposant des budgets importants. La confiscation des biens détournés par la famille Trabelsi n'y suffirait pas. Faire appel aux capitaux internationaux tels que ceux pouvant provenir des Etats pétroliers du Golfe serait extrêmement dangereux car avec eux s'introduirait en force une idéologie particulièrement rétrograde. N'en disons pas plus ici. Des capitaux chinois seraient sans doute moins inquiétants, au moins en apparence. Mais l'Europe comme l'Afrique sont en train d'apprendre à leurs dépends que la Chine exige des contreparties à son aide qui laissent présager une perte d'indépendance croissante. Quant à des investissements qui seraient à proprement parler américains, on ne voit pas trop d'où ils pourraient venir. L'Amérique qui s'appauvrit rapidement ne sait  verser de dollars qu'en en contrepartie de l'acquisition de matériels militaires.

Nous pensons pour notre part que la Tunisie redevenue véritablement démocratique devrait bénéficier, au moins autant que la Turquie, d'une alliance stratégique (concrète et non verbale) ouvrant des relations favorisées avec les économies européennes, y compris celles des Etats du Nord de l'Europe. Il ne s'agirait pas en effet de redonner vie à une Union Méditerranéenne morte dans l'oeuf dès le départ car elle excluait de droit ou de fait les Etats européens tels que l'Allemagne sans qui une telle Union n'aurait été qu'une conjonction de faiblesses. Elle comprenait  au contraire des Etats comme la Libye, la Syrie ou Israël dont la volonté de s'intégrer à une union méditerranéenne pouvait être mise en doute.

Par contre, limitée à la Tunisie et si ceux-ci le souhaitaient, à ses voisins du Maghreb,  une union avec l'Europe permettrait par exemple d'engager les grands travaux en matière d'énergie, d'aménagement urbain et de réhabilitation des terres agricoles qui s'imposent. Il s'agirait d'un bon début pour la relance des investissements dont l'Afrique du nord a le plus grand besoin, et auxquels l'Union européenne aurait tout intérêt à s'associer. D'autres investissements, industriels et scientifiques, devraient évidemment aussi être envisagés. Quant aux capitaux, nous avons précédemment indiqué qu'ils pourraient sans trop de risques faire l'objet d'emprunts auprès de l'épargne patrimoniale européenne ou même d'avances des Instituts d'émissions. Si les sommes ainsi obtenues étaient bien gérées (si...) elles produiraient rapidement des retours sur investissements sans créer d'inflation.

Tout différents et bien plus difficiles à résoudre sont les problèmes qu'affronte déjà et qu'affrontera de plus en plus l'Egypte. Dotés d'une population manifestement excédentaire pour ses ressources naturelles et en voie d'expansion continue, ne disposant à l'exception du Canal de Suez et de son patrimoine touristique que de très peu de ressources naturelles, on ne voit pas comment dans l'avenir elle pourrait atteindre l'auto-suffisance. L'aide dispensée par les Etats-Unis, non plus que celle, bien moindre, provenant de l'Europe, ne pourront suffire.

On serait tenté de penser que, si  à travers l'exemple égyptien, une contagion de démocratie et de volonté de collaboration pacifique se propageait dans le monde arabe, une richesse actuellement scandaleusement gaspillée par ses détenteurs (qui n'ont eu aucun mérite à l'acquérir), nous parlons de celle du pétrole aux mains des princes du Golfe persique, pourraient servir à autre chose qu'à construire des tours de 800 mètres et des marinas en forme de fleur de lotus. N'en profitent actuellement que des gouvernements corrompus et des maffias internationales, y compris d'ailleurs américaines et européennes. Il y aurait bien mieux à faire de tout cet argent, avant que la source ne s'en épuise. Malheureusement les Occidentaux dans leurs addiction au pétrole ne feront rien pour changer l'état de chose actuel. Mais attendent-ils qu'à l'exemple des ayatollahs d'Iran il y a 20 ans, d'autres ayatollahs se saisissent de ces richesses et s'en servent pour déclarer la guerre au reste du monde?

Hélas, poser cette question ici n'est en rien lui apporter des réponses.
01/02/2011
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