Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser

Tous derrière l'euro

Les mesures décidées par le Conseil européen et la BCE pour défendre l'euro contre les attaques extérieures présentent l'avantage, à défaut de réformes d'ordre constitutionnel que personne n'osera pour le moment suggérer, de rapprocher concrètement les sociétés et les économies des Etats membres de l'union monétaire.

Par un excellent article de Médiapart, http://www.mediapart.fr/journal/economie/220111/quand-loncle-paul-krugman-raconte-leuro-aux-americains, le journaliste économique Philippe Ries, qui anime aussi le blog Midi à quatorze heures (http://www.mediapart.fr/club/blog/philippe-ries), répond à l'attaque en règle qu'a menée Paul Krugman contre l'euro dans le New York Times. L'article de ce dernier, intitulé « Can Europe be saved ? » http://nyti.ms/exlYa5
débute par la photo d'une rue d'Athènes en feu prise lors d'une manifestation récente contre l'austérité.

Pour beaucoup de lecteurs européens, Paul Krugman, prix Nobel 2008 d'économie, est généralement considéré comme néo-keynésien, c'est-à-dire partisan de l'intervention de l'Etat fédéral pour relancer les investissements. Il soutient systématiquement les Démocrates contre les Républicains et contre les partisans du Tea-Party. Ceci le rend à nos yeux plutôt sympathique. Mais il est aussi, comme le démontre amplement son article, hostile à toute volonté européenne d'échapper à la domination politique des Etats-Unis, se marquant notamment par celle du dollar. En cela il traduit bien le mépris de l'establishment américain à l'égard de l'Europe. Il ne la comprend pas et continue sans doute à voir en elle l'ensemble d'Etats en déroute ayant échappé à la 2e guerre mondiale et « sauvés » par le Plan Marshall.

Nous ne résumerons pas l'article de Philippe Ries, qui nous paraît convaincant de bout en bout. Nous incitons à le lire et à le comprendre tous ceux, notamment à gauche, qui commencent à douter des bienfaits de la monnaie commune et envisagent on ne sait quelles fuites dans un nationalisme monétaire et économique. Ce n'est pas parce que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel défendent l'euro, au moins dans les discours, qu'il faudrait prendre la position contraire. Ou bien l'on croit à la nécessité de construire une Europe puissante et solidaire, entre les deux grands blocs des Etats-Unis ou de la Chine, ou bien l'on accepte face à eux la capitulation en rase campagne. Pour le moment, dans la véritable guerre économique et scientifique qui nous oppose à ces deux puissances, l'euro, à défaut de la structure étatique de type fédéral qui serait nécessaire, représente la seule force de cohésion derrière laquelle peuvent se rassembler les forces européennes. C'est aussi la seule qui donne, quoique l'on dise, un minimum de portée aux imaginaires.

Comme le montre très bien Philippe Ries, les mesures décidées par le Conseil européen et la BCE pour défendre l'euro contre les attaques extérieures présentent l'avantage, à défaut de réformes  d'ordre constitutionnel que personne n'osera pour le moment suggérer, de rapprocher concrètement les sociétés et les économies des Etats membres de l'union monétaire. Certains observateurs bien informés des affaires européennes se félicitent à cet égard de la coopération qui s'est établie ces dernières semaines entre représentants allemands et français au sein de l'Union et de la BCE pour maintenir coûte que coûte en état opérationnel le seul véritable atout dont dispose l'Europe. Ils semblent d'ailleurs pour le moment y être parvenus, ce dont il faudra les remercier, avec le recul de l'histoire. Loin d'être en perdition, comme le suggère (ou le souhaite inconsciemment Paul Krugman) l'euro semble en effet pour le moment s'affirmer dans la crise.

Ceci ne veut pas dire que ceux voulant voir l'Europe se renforcer devraient limiter leurs efforts à soutenir les quelques mesures d'intervention strictement nécessaires à la défense de l'euro. Il faut poursuivre l'action en faveur de la construction d'une véritable Europe politique, économique et technologique. Mais rien n'empêcherait parallèlement d'étendre à l'ensemble des 27 le bon effet des interventions en faveur de l'euro. Il faudrait pour cela, quels qu'en soient les risques apparents pour les Etats membres de l'euro-groupe, accueillir au plus vite aux Etats qui souhaitent y entrer. Il faudrait aussi reprendre les négociations avec les Etats qui n'ont pas encore compris l'intérêt de participer à la monnaie commune, afin de les convaincre d'abandonner des positions à si courte vue. Nous visons en particulier, comme nous l'avions évoqué dans un article précédent, la Grande Bretagne. La généralisation de l'euro à l'ensemble de l'Union européenne serait à long terme, nous en sommes persuadés, la meilleure façon de servir les intérêts de l'Allemagne et de la France – sans parler du pied de nez qui serait ainsi fait à l'oncle Paul, pour reprendre l'expression de Philippe Ries.



26/01/2011
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire