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Souverainisme national ou souverainisme européen.

Ce texte constitue une mise à jour du document de Jean-Claude Empereur, précédemment publié sous le titre "Pour une vision géopolitique européenne " http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=518&r_id=

La crise économique et financière prend peu à peu toute sa
dimension géopolitique. Elle oblige les Européens à reconsidérer la
vision du monde à laquelle, bon an mal an, ils s'étaient accoutumés
et qu'on leur avait imposé depuis la fin de la guerre. Elle les contraint
à la lucidité, à la créativité politique et à la volonté. Elle les invite à
rompre avec le désarroi et le désenchantement. Toute autre attitude
les condamnerait à se placer en victime désignée et consentante du
monde qui vient .Elle leur interdirait de faire face à la montée des
périls.

Dans le même temps cette crise offre au Vieux Continent la
possibilité inattendue de saisir de nouvelles opportunités et de
rendre tout leur sens aux concepts traditionnels de solidarité de
puissance, d'indépendance et de souveraineté tout en les adaptant à
la situation actuelle
 
L'Union européenne doit se dégager de la vision mercantile et
« impolitique », pour reprendre la terminologie de Julien Freund, qui
caractérise son attitude et sa vision du monde depuis sa création.

De nos jours tout devient géopolitique. Il est urgent que les
Européens prennent conscience de cette dimension.

Trois considérations majeures sont à prendre en compte pour faire
face à ces réalités nouvelles.

 1. Transition-migration. La planète est le théâtre d'un
phénomène de transition et de migration de puissance, qui
bouleverse les équilibres géopolitiques sur lesquels l'ordre
occidental reposait depuis trois siècles. Nous entrons dans l'ère
des compétitions continentales. L'équilibre des puissances se
réalise à un niveau géographique supérieur à celui auquel nous
étions habitués.

2. Masse et compacité. Ce phénomène met en jeu des
puissances continentales compactes et massives en termes de
population et de territoire : Inde, Chine, Russie, Brésil,
Indonésie... la mise en route de ces masses est plus lente mais
plus irréversible aussi. Dimensions temporelles et spatiales sont
étroitement corrélées. Cette double massivité et temporalité
géopolitique se traduit notamment par l'expression d'énormes
besoins d'énergie et de matières premières industrielles et
agricoles, la mise en oeuvre d'infrastructures publiques
gigantesques, de grands programmes mobilisateurs concernant
aussi bien la lutte contre la pauvreté , la santé, les transports la
conquête spatiale , la défense et bien entendu la recherche et
l'éducation. L'ampleur sans précédent de ces programmes et de
ces efforts l'intensité de la volonté politique qu'ils appellent
laisse loin derrière eux les ambitions occidentales
traditionnelles en particulier celles, en comparaison, dérisoires,
du type « agendas de Lisbonne » dont l'irréalisme des
affichages n'a d'égal que la faiblesse des résultats. Qui se
souvient aujourd'hui de l'agenda 2010 qui devait faire de
l'Union Européenne la « première économie de la
connaissance », consacrant au moins 3% de son PIB à la
recherche et au développement ?

3. Accélération. Enfin ce qui frappe le plus encore c'est
l'accélération continue de ce mouvement de renversement du
monde. Ce mouvement qui écrase les perspectives fait de
l'anticipation une priorité de l'action politique. Il condamne le
« court-termisme » qui depuis trente ans domine la pensée
idéologique et rend à l'imagination et à la volonté la place qu'ils
avaient perdue sous l'influence du primat de l'économie. Plus
que jamais le discours européen doit se concentrer sur l'avenir
l'innovation, la créativité politique, les grands projets les
grandes perspectives et ne pas sombrer dans le misérabilisme
comptable et bureaucratique.  

Tout autour de nous se lèvent ou se relèvent des puissances dont
« l'Occident » ne soupçonnait pas, il ya moins de dix ans, la capacité
de s'affirmer sur la scène mondiale et s'engagent, sous notre regard
ébahis, dans un puissant mouvement de transformation du monde.
Pourtant la classe politique européenne, toutes tendances
confondues, à de rare exceptions près se complait dans une
approche aux ambitions collectives étriquées.

De surcroit, le discours dominant des principaux leaders politiques et
médiatiques européens tétanisés par l'évolution d'une crise à
laquelle ils cherchent en vain des précédents et que par
aveuglement ils expliquent par l'évolution de l'endettement public
ne se dégage pas d' une vision étroitement financière de la politique
et n'a de cesse de véhiculer, dans une perspective de culpabilisation
généralisée, des concepts d'austérité, de rigueur, de sanction et au
final d'abandon des principes de solidarité sur lesquels repose la
société européenne.  

PERSPECTIVES.


Dans une large mesure, le désarroi qui s'empare des dirigeants
européens et surtout des Européens eux-mêmes est lié à la
découverte soudaine que la mondialisation dont on leur avait vanté,
depuis plus de trente ans les mérites, n'est pas ce qu'ils croyaient.
Années après années, on leur présenté ce processus comme,
inexorable et « incontournable », pour utiliser la phraséologie à la
mode.

La réalité est toute autre. Le processus de mondialisation dépouillé de
son enveloppe idéologique anglo-saxonne et libérale apparait, à la
lumière de la crise, comme un phénomène incontrôlable de
compétition acharnée entre puissances continentales et de
dislocation, voire de renversement du monde, en même temps que
de reconfiguration d'un nouveau paradigme géopolitique planétaire.

La mondialisation, ou plutôt, la globalisation, selon la terminologie
anglo-saxonne n'est pas le long fleuve tranquille lisse et linéaire que
l'on nous avait décrit, dessinant un monde heureux et, en quelque
sorte, « définitif ».

Et surtout, ce n'est pas un phénomène nouveau. L'histoire nous
apprend que d'autres mondialisations sont apparues, dans le passé,
parallèlement à l'évolution des empires dont elles étaient
l'expression politique, économique, culturelle et militaire. Ces
mondialisations ont toutes eu un commencement un
épanouissement et une fin. Notre mondialisation heureuse
n'échappera pas à la règle mais l'issue en survient sans doute plus
vite que les plus lucides ne le pensaient.

La crise actuelle dont la dimension géopolitique est de plus en plus
évidente n'est autre que la crise du modèle occidental de
mondialisation.

Le nouveau modèle en train de naître, en particulier avec la montée
en puissance de la Chine mais aussi de l'Inde, subit, d'ailleurs en
occident un traitement sémantique très révélateur. En effet,
responsables politiques ou médiatique ne cessent d'évoquer, non
sans une certaine condescendance, « l'émergence » des nouvelles
puissances asiatiques alors qu'il ne s'agit que de la « réémergence »
de puissances qui, au XVIIIème siècle, comptaient parmi les deux
premières du monde.

Cette forme d'évitement sémantique trahit tout simplement le
« refus de voir » qui caractérise encore la vision actuelle des
dirigeants du monde occidental et la faillite de leur vision
géopolitique.

Certains sont toutefois plus lucides que d'autres. Ainsi le
géopolitologue américain Charles Kagan affirme qu' « enfin le monde
est redevenu normal ». On est loin de la perspective hégémonique et
unipolaire que nous assénait dans le « Grand échiquier », il n'y a pas
si longtemps, Zbigniew Brzezinsnki, conseiller toujours écouté de
ceux qui dirigent aujourd'hui les Etats Unis. Cette vision est la vision
juste et réaliste des choses et elle doit inspirer fortement les
Européens qui, loin de s'affoler et de se décourager devant ce nouvel
ordre du monde doivent, au contraire, saisir la chance qui leur est
offerte de se libérer des réseaux qui les enserrent, des stéréotypes et
préjugés qui les étouffent, et inventer, une nouvelle forme de
puissance pour reprendre en main leur destin.

Mais le temps leur est compté.

De même que l'avenir d'un enfant se joue, nous disent les
psychologues, au cours de ses trois premières années, de même
pour l'Europe ce sont les cinq ou dix prochaines années qui seront
décisives.

FONDAMENTAUX.  


Au cours des trente dernières années le discours politique s'est
principalement axé sur l'aspect institutionnel de la construction
européenne. Chacun d'entre nous était sommé de s'émerveiller de
la construction « à petit pas », selon la méthode fixée par Jean
Monnet, de cet édifice complexe « sui generis », à la fois puissant et
fragile que constitue l'ensemble de l'appareil juridico politique de
l'Union. La monnaie unique elle-même, la grande création
emblématique de ces dernières années fut souvent présentée avec
son complément obligé l'indépendance de la Banque Centrale
Européenne comme un outil coercitif et apolitique plutôt que comme
le symbole de la puissance et du rayonnement retrouvé d'une
Europe d'ailleurs curieusement présentée plutôt comme « élargie »
que comme « réunifiée ».

Il existe en effet plus qu'une nuance entre les deux approches. Dans la
première on se soumet bon gré malgré à une sorte de nécessité
géographico-historique et dans la seconde on exprime une volonté
politique. Cette opposition résume une bonne part des ambigüités du
discours européen.

Ce discours à la fois juridique, comptable et monétaire ou plutôt
monétariste, très souvent abscons sinon incompréhensible, en réalité
n'intéressait personne. Imaginons que l'on ait cherché à expliquer à
nos concitoyens la politique française en les assommant de
considérations sur le fonctionnement du Conseil Constitutionnel ou
de nos Assemblées. En caricaturant un peu, c'est ce qui s'est passé au
fil des ans. Nous avons été submergés de concepts passionnants pour
les spécialistes mais peu enthousiasmants pour l'opinion. Qu'on en
juge : subsidiarité, élargissement, codécision, directives, sanctions,
coopération renforcée, présidence tournante etc. etc.

En réalité cette focalisation sur les institutions et les procédures
masquait le plus souvent une incapacité à engager le débat sur un
certain nombre de fondamentaux à caractère « métapolitique ». Les
Européens sont prêts à se mobiliser sur des projets et non pas sur des
procédures.  

C'est ce travail d'introspection qu'il faut avoir maintenant le courage
d'entreprendre avant toute nouvelle avancée sur le plan
institutionnel.

Car, ne nous y trompons pas,  les refus Français et Hollandais lors des
référendums sur la Constitution européenne ont, en fait, marqué un
coup d'arrêt à une conception purement fonctionnaliste de la
construction européenne. De ce point de vue le jugement de la Cour
Constitutionnelle de Karlsruhe autorisant la ratification du traité de
Lisbonne , peu commenté, et pour cause, mais qui place, sans
ambigüité, les exigences de la souveraineté allemande devant celles
de l'Union européenne, et les incertitudes sur l'avenir de l'Euro
montrent que pour beaucoup de dirigeants européens et une bonne
partie de l'opinion on est peut être allé trop vite et trop loin. L'idée
commence même à faire son chemin qu'il suffirait, dans le monde
incertain, qui est le nôtre de revenir à la formule plus souple qui fut,
entre 1815 et 1914, celle du « Concert Européen ». Il n'est pas
inutile de rappeler, en effet, qu' à l'issue du Congrès de Vienne,
pendant un siècle, une certaine forme d'Union Européenne virtuelle
s'est construite grâce à une remarquable, permanente et très
innovatrice activité diplomatique. La prospérité s'est développée
partout en Europe. A l'exception de quelques conflits limités dans
l'espace et dans le temps (Crimée, Balkans, guerre Franco-
prussienne) la paix a été maintenu.

Différents signes laissent penser que, pour certains, la tentation est
grande de revenir à cette situation. N'oublions pas non plus, dans le
tableau l'Union Latine première union monétaire européenne qui a
fonctionné de 1867 à 1925...

En vérité ce serait une erreur de revenir en arrière. Le Concert
Européen a pu remarquablement régler les problèmes intra-
européens. Il pourrait peut être le faire encore de nos jours, mais il
serait impuissant à gérer et régler les problèmes de relation de
l'Europe vis-à-vis du monde dans l'ambiance de compétition
multipolaire qui règne aujourd'hui et qui appellent, pour être résolus,
une affirmation de puissance d'indépendance et de souveraineté.

Or cette affirmation est au coeur de l'identité de l'Europe du XXIème
siècle et le ressort de sa survie en tant qu'acteur du jeu multipolaire
mondial.

Tôt ou tard il faudra aller plus loin dans l'intégration européenne et
dans la voie d'une fédération d'Etats Nation associant souverainetés
nationales et souveraineté européenne. Nous sommes arrivés à une
bifurcation historique : soit nous choisissons le souverainisme
national avec tous les risques que cela comporte en terme de
puissance et de solidarité ,soit nous inventons et définissons une
forme juridico-politique de souverainisme européen, c'est-à-dire de
souveraineté européenne « surplombant » dans certains domaines la
souveraineté des Etats sans l'annihiler mais au contraire en la
renforçant et l'amplifiant par une sorte « d'effet de levier ».

Cette seconde voie est la meilleure mais elle implique lucidité,
volonté et courage politiques.

Il est certain que la situation institutionnelle actuelle qui consiste à
déléguer de manière interne à l'Europe des éléments
de souveraineté nationale à une Union dont les institutions ne sont pas
en mesure de transformer ces délégations en souveraineté externe à
l'Europe c'est-à-dire en puissance et en indépendance n'est plus
acceptable. Cette souveraineté européenne devrait, vis avis du reste
du monde, pouvoir se nourrir des transferts de souveraineté exercé à
son profit par les Etats membres. Cela est particulièrement évident
dans la situation de « montée des périls » que nous traversons
actuellement. Mais pour engager cette marche en avant, s'impose un
préalable : les Européens doivent se mettre d'accord sur un certain
nombre de fondamentaux. Nous sommes sans doute, sur ce plan,
encore loin du compte, d'où la nécessité d'engager un puissant
mouvement de mobilisation.

La liste suivante n'est pas exhaustive mais c'est une première
approche pour engager le débat. Il s'agit des points sur lesquels
l'obtention d'un consensus européen est indispensable si l'on veut
rompre avec les ambigüités de l'approche antérieure.

 1. Frontières et territoire.

Il convient, en priorité, de fixer définitivement un territoire européen raisonnable. L'Europe à
27 plus les Balkans constitue un cadre approprié et suffisant. Il
s'agit de dessiner les contours d'un nouveau « limes », ni mur ni
passoire en s'inspirant des remarques très éclairantes sur ce
sujet de Michel Foucher et Régis Debray. C'est le seul moyen,
pour les Européens, de s'approprier l'image mentale de leur
territoire, image si nécessaire à l'expression de leur identité.
Qui d'entre nous se sent capable de dessiner les contours de
l'Union ? Une vaste politique d'infrastructures notamment
ferroviaires et fluvio-maritimes à l'image de ce qui fut entrepris
par toutes les grandes puissances au XIX siècle lorsqu'elles
voulurent forger leur unité, devra être engagée. Ce projet
constituera à la fois une armature physique et un symbole de
cohésion et d'unité territoriale.

2. Identité culturelle

Distinguer les grands traits de l'identité
européenne est une autre exigence , en privilégiant les aspects
culturels et en reconnaissant que les trois appartenances
culturelles et linguistiques latines, germaniques et slaves
doivent être défendues, valorisées et pratiquées, sans oublier
certains apports régionaux . Sur le plan linguistique en
particulier « l'anglais d'aéroport » ne doit pas être
subrepticement introduit comme la nouvelle langue commune
de l'Union. Faiblesse apparente de l'Europe la diversité
linguistique doit être maintenue au prix d'un immense effort
d'enseignement, de recours lorsque c'est possible aux
méthodes d'intercompréhension (cf. Pays scandinaves) et de
développement d'une puissante industrie de logiciels de
traduction automatique.

3. Peuple et population.

Définir une politique européenne de
population englobant l'ensemble des paramètres
démographiques qualitatifs et quantitatifs et aboutissant dans
les trente ans qui viennent à l'émergence d'une population
européenne équilibrée s'appuyant tout autant sur une politique
de natalité vigoureuse que d'immigration généreuse et
maîtrisée.  

4. Modèle de société.

Au fil des siècles l'Europe a construit un
modèle original dont le fondement est la solidarité. Bien
entendu celui-ci appelle des évolutions. en aucun cas la crise
actuelle ne justifie son abandon.

5. Intérêts vitaux.


Leur recensement et la mise à jour de leurs
priorités, qu'il s'agisse d'approvisionnement en énergie et de
matières premières industrielles ou agricoles, de
communications, de sécurité globale ou d'autonomie financière
doivent être le fondement d'une politique de défense
dissuasive tout azimuts.

6. Science et technologie.

 S'engager dans une stratégie de reconquête généralisée de la souveraineté scientifique et
technologique, notamment spatiale, stratégie indispensable
pour assurer l'autonomie de la défense la compétitivité
industrielle, la sécurité alimentaire, la préservation
environnementale, la santé d'une population qui devra faire
cohabiter au moins quatre générations.

7. Géopolitique européenne.


Forger une vision géopolitique européenne du monde constitue un impératif absolu.
Aujourd'hui cette vision n'existe pas, alors que tous les grands
acteurs du jeu multipolaire possèdent et mettent en oeuvre des
visions de ce type. Tous ont d'ailleurs une vision géopolitique
qui leur est propre sur l'Europe or nous n'en avons pas en
retour vis-à-vis d'eux. Nous sommes au fond d'une « trappe
géopolitique ». Il est impératif que nous en sortions par une un
effort de réflexion et de proposition englobant l'économie, la
culture, la démographie et bien entendu les affaires militaires.
Les domaines prioritaires et les vecteurs essentiels de cette
vision géopolitique doivent être recensés.  

8. Relations franco-allemandes.

Le problème du tandem Franco- Allemand comme moteur de la construction européenne doit
être réévalué. Sa nécessité ne fait pas de doute. Mais il faut
examiner de manière très ouverte son rôle et les conditions de
son acceptation par les autres membres. Il convient d'éviter
notamment qu'en l'absence de vision géopolitique européenne
globale, ne se développe au sein de l'Union des visions
fragmentaires qui nuiraient à la cohérence d'ensemble et
constitueraient des germes d'éclatement.  

9. Domaines géopolitiques privilégiés.


Dans ce domaine, les priorités sont la mise au clair des relations transatlantiques avec
les Etats-Unis mais aussi la Grande Bretagne, le partenariat
Euro-Russe ou axe Paris Berlin Moscou ainsi que les relations
avec le monde méditerranéen et l'Afrique.

Il importe qu'une discussion s'engage pour que cette liste soit
complétée et hiérarchisée, que les craintes et les non-dits soient
évacués.

La mise en oeuvre d'une telle politique de civilisation européenne
implique une force d'âme et des moyens financiers considérables qui
ne se satisferont pas des visions étroitement comptables et
monétaristes qui inspirent actuellement une classe politique
paralysée par l'évolution du monde et la peur irraisonnée que celle-
ci lui inspire ainsi qu'un univers médiatique trop souvent piloté par
manque d'audace et d'imagination ,par les « marchés » ou trois
agences de notation anglo-saxonnes.

Les Européens, pour sortir de leur désarroi et de leur manque de
confiance actuels, doivent réinventer ce que, il y a plus de quatre
siècles Jean Bodin puis Thomas Hobbes, ont définis comme les
principes fondamentaux de la souveraineté des nations. Il s'agissait
pour le premier de la maîtrise de son destin, par la « République »,
et pour le second de la protection priorité absolue du « souverain »,
face à « la guerre de tous contre tous », c'est-à-dire la protection du
peuple contre les périls et les agressions du monde. Le moment est
venu de concevoir pour l'Europe une nouvelle forme de
souveraineté gage d'indépendance extérieure et de solidarité
intérieure une sorte de « Souveraineté de Souverainetés » à la fois
continentale et nationale, protectrice libératrice et anticipatrice,
capable de répondre, à la fois aux sollicitations, mais aussi aux
menaces d'un monde riche de possibles mais néanmoins toujours
dangereux.

 
Jean-Claude Empereur. Le 23 janvier 2011.
24/01/2011
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