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Les social-démocraties européennes en panne de programmes refondateurs

Confrontés aux grands problèmes du siècle, les gauches européennes sont pratiquement muettes. Ce ne sont pas les droites et extrèmes-droites, en montée partout, qui vont apporter des solutions. Au contraire.

Le parti socialiste français (PS) est à la recherche non seulement d'un leader mais surtout d'un programme qui soit à la hauteur des enjeux attendant  la France et l'Europe dans les prochaines années. Ces enjeux, nous ne cessons de les énoncer ad nauseam sur ce site, comme nous l'avons fait dans notre livre « L'Europe ou le vide de puissance ». Inutile de les reprendre ici. On peut se demander par contre pourquoi le PS ne s'y intéresse pas vraiment : peur d'effrayer les électeurs ou de mécontenter de petits intérêts électoraux, peur de se trouver engagé dans des combats qu'il ne sent pas de taille à assumer ...ou simplement incompétence technique,  économique et politique chez les  principaux responsables. Quoiqu'il en soit, les grandes nouveautés dont la presse a fait ses titres, l'abandon par Bertrand Delanoë de l'idéal révolutionnaire et le ralliement au libéralisme (politique) ne peuvent tenir lieu de programme. Du côté de Ségolène Royal, on retrouve le même vide quand il s'agit d'aller au-delà de propositions minuscules intéressant le social ou l'économie locale. Quant aux grands choix de géostratégie que ni la France ni l'Europe ne peuvent s'éviter de faire, aucun d'eux  évidemment n'en parle vraiment, non plus d'ailleurs qu'aucun autre candidat potentiel à la direction du parti. 

Les mouvements  socio-démocrates des autres pays européens ne sont guère mieux lotis en ténors proposant de grands programmes régaliens. Ils ne savent que batailler, d'ailleurs mollement, sur leur extrème-gauche. Par ailleurs, beaucoup plus pénétrés par l'atlantisme que la gauche française, ils sont encore plus paralysés qu'elle face à la répudiation du libéralisme économique et à la revendication d'une indépendance technologique qui seront présentés par les Etats-Unis comme des déclarations de guerre.  

Cette atonie est d'autant plus dommageable que les décisions  politiques, économiques, industrielles et scientifiques dont nos pays ont besoin vont tout à fait dans le sens d'un socialisme réformateur, répudiant le libéralisme financier et le laisser-faire réglementaire, s'inscrivant dans la perspective d'un interventionnisme public intelligent dont en aucun cas les droites actuellement au pouvoir dans un nombre croissant d'Etats européens ne seront capables. Le débat actuel sur le libéralisme économique montre bien que celui-ci conduit à la privatisation généralisée des grandes fonctions sociales et gouvernementales. Naomie Klein montre bien, même si elle le fait avec un peu d'excès, que le débat, aux Etats-unis comme en Europe et dans le reste du monde, est de savoir si la défense, l'enseignement, les soins doivent être exercés par des organismes publics ou par des Halliburton. Si l'on choisit cette dernière solution, seuls les riches décideront de l'organisation du monde, à leur seul profit. Les libéraux diront que la gestion publique pratiquée en Europe de l'Est pendant quarante ans n'incite pas à proposer d'y revenir. Mais tout l'enjeu  aujourd'hui, ce à quoi la gauche européenne devrait travailler, consiste à définir et mettre en pratique une gestion publique participative, au sens vraiment démocratique du mot. Nous estimons que la chose serait tout à fait possible. 

Les droites porteuses de la privatisation des services publics  ont désormais, en attendant,   le champ libre pour de longues années , y compris en France. En Italie comme dans certains pays de l'Est européens que nous ne nommerons pas par égard pour eux, elles rejoignent les mots d'ordre  les plus archaïques, les plus dangereux du populisme voire de l'extrême droite. Pour un peu, ces mouvements de droite pourraient à nouveau faire basculer l'Europe dans un fascisme rappelant celui de l'entre-deux guerres. C'est alors que l'incapacité des gauches européennes à se mettre à la hauteur des enjeux de ce siècle serait non seulement coupable mais, disons le mot, criminelle. Courage. Nous y allons tout droit.

 
26/05/2008
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