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Une réforme radicale du système bancaire

L'auteur de cette note, Joseph Leddet, réfléchit avec le responsable du présent site et quelques collègues à ce que pourrait être un projet de réforme du système européen banques-assurances-Banque centrale obligeant les banques à renoncer à leurs comportements prédateurs et se mettre aux services des investissements dans l'économie réelle.

Nous avons déjà fait des propositions en ce sens sur ce site, que les lecteurs pourront retrouver. La note de Joseph Leddet complète utilement ces premiers textes. L'ensemble méritera encore beaucoup de mises au point pour pouvoir s'intégrer aux perspectives de géopolitique européenne que nous rédigeons par ailleurs.

Joseph Leddet est le directeur de « La gazette des changes »  Société CONTACTS - 12 rue Vivienne 75002 Paris

Voici son texte (en italique)

Obligations perpétuelles  


La crise irlandaise qui secoue le paysage obligataire européen illustre parfaitement la difficulté que peut rencontrer un Etat, aussi respectable soit-il, à émettre de nouveaux emprunts en période de tempête. A quoi servent en pratique ces nouveaux emprunts? En majorité, à rembourser des emprunts  antérieurs qui arrivent à échéance. Cette situation offre un caractère permanent, car par exemple un pays comme la France, avec un ratio de dette sur PIB de 100% en 2011, et un déficit persistant, ne pourra en fait jamais rembourser sa dette. 


Pour régler ce problème, nous proposons une solution simple: que les Etats cessent de rembourser leur dette, en la transformant en obligations (rentes) perpétuelles; il faut évidement bien choisir le moment (période de calme) et bien fixer le taux d'intérêt (avec I'aide des actuaires et du marché)

Ainsi les titulaires de la dette ne seront-ils pas lésés - à I'inverse des conséquences négatives d'un plan de restructuration drastique - et un marché secondaire, rapidement animé, leur permettra ensuite de céder à tout moment leurs obligations à d'autres investisseurs; de même les pays  vertueux pourront racheter progressivement leur dette sur ce marché secondaire. De la sorte  les Etats souverains cesseront-ils d'être soumis aux diktats des marchés et des agences de notation.

Surveiller la « révolution Cantona »


L'ancienne star du ballon rond, à présent vedette de cinéma et de théâtre, Eric Cantona, réussit à faire trembler notre ministre des Finances, Christine Lagarde, et il inquiète également nos voisins belges, en I'occurrence leur fédération du secteur financier.  

En quoi consiste donc la « révolution Cantona » ? Tout simplement à inciter, via les « réseaux sociaux », les titulaires d'un compte bancaire à retirer tous leurs dépôts en liquide,et ce tous le même jour, le mardi 7 décembre prochain.

Même si seules quelques centaines de milliers de personnes suivent son appel, cela suffira certainement à ébranler quelque peu I'establishment bancaire.

On s'apercevra alors que I'activité des banques consiste à prêter avec parcimonie et via un taux d'intérêt élevé de I'argent qu'elles n'ont pas (ou si peu), tout en se refinançant ensuite à un taux minime (jusqu'à  trois ans auprès de leurs consoeurs du marché interbancaire, et aujourd'hui essentiellement auprès de la BCE).

Surveillons donc de près la révolution pacifique d'Eric Cantona!

Pour le contrôle des banques de dépôt par I'Etat


Mis gravement en difficulté lors de la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008, les grands établissements bancaires français ont été sauvés grâce à des injections illimitées de liquidités par la banque centrale, ainsi que par d'importantes lignes de crédit étatiques garanties par le contribuable.

Deux ans plus tard, où en est-on ? Ces établissements ont engrangé de gros profits en prêtant à taux élevé de I'argent fourni à taux quasi-nul par la BCE ; de plus, cet argent n'a pas vraiment profité à l'économie réelle, car placé en partie en obligations d'Etat ou auprès de la BCE elle-même, avec a contrario une restriction du volume des crédits aux entreprises, spécialement aux PME.  Les particuliers qui plus est voient en général se réduire leurs possibilités
de découvert, alors qu'on leur offre avec facilité des financements à 15 ans à 3 ou 3,50o/o (soit un taux moins élevé que celui des emprunts d'Etat équivalents!) pour acheter des logements hors de prix, favorisant ainsi une bulle immobilière qui ne manquera pas d'exploser dans les quelques années à venir.

ll apparaît ainsi évident, à I'occasion de la crise irlandaise et de son effet de contagion probable sur notre pays, que l'Etat français doit reprendre, à titre gratuit, le contrôle des grandes banques de dépôt (Société Générale, BNP Paribas, Crédit Agricole...), avec au moins une minorité de blocage, et ce afin de leur imposer un «  service collectif minimum ».

Cette démarche aura un double avantage : elle crédibilisera ces établissements auprès du public en cas de panique, et les administrateurs représentants de I'Etat sauront  le cas échéant réorienter leur action vers les besoins de base des ménages et des PME .

02/12/2010
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