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South Pars, l'Iran et Gazprom

L'Iran et Gazprom se rapprocheront-ils pour exploiter, malgré l'hostilité américaine, les considérables réserves gazières du champ de South Pars ?

On sait que dans le Golfe Persique se trouve un immense champ gazier offshore partagé géographiquement entre le Qatar et l'Iran. Ce serait le plus grand du monde à ce jour. Plusieurs compagnies européennes, dont Total (projet Pars LNG), Shell et Repsol ont déjà signé des accords avec la République islamique pour des exploitations expérimentales et des projets de développement. Mais elles hésitent actuellement à prendre des décisions rapides de mise en oeuvre, compte tenu de la situation diplomatique délicate où elles se trouvent. L'Iran dont la gestion des ressources en hydrocarbures rencontre de nombreuses difficultés voudraient trouver des alliances à l'extérieur. Mais les Etats-Unis multiplient les efforts et les menaces pour empêcher l'Iran d'accroître son influence au Moyen Orient. Ils y réussissent d'ailleurs de plus en plus mal, comme le montre, dans un tout autre domaine, l'influence prise en Irak par les Gardiens de la Révolution. Pour ce qui concerne l'économie, la loi d'Amato, votée en 1996, sanctionne tout investissement industriel dans la République islamique. Des sanctions s'appliqueraient aussi aux compagnies non-américaines contrevenantes, sanctions que les Européens et les Japonais ne veulent pas affronter.

Ce n'est évidemment pas le souci des Russes. Cependant Gazprom ne semble pas disposer pour le moment de technologies lui permettant d'investir utilement dans South Pars. De plus il ne manque pas de réserves et ne voudrait pas que la production iranienne concurrence ses ventes à l'Europe via notamment le pipeline Nabucco. Mais des négociations avec les Iraniens se poursuivent activement, ce que Washington cherche plus que jamais à contrer.

Cet exemple significatif nous montre que, dans des domaines stratégiques, l'Europe ne réussissant pas à se doter d'une politique internationale commune, affranchie des pressions américaines, laisse le champ libre aux Américains et aux Russes pour mener leurs  relations commerciales avec les Etats pétroliers du Golfe.

NB. Les observateurs ont noté la pantalonnade ridicule à laquelle s'est livrée G.W.Bush lors de sa dernière tournée dans la zone. Il a menacé l'Arabie Saoudite, si elle n'augmentait pas sa production pétrolière pour faire baisser le prix de l'essence aux Etats-Unis, de suspendre le méga-contrat militaire que  le lobby militaro-industriel américain avait imposé précédemment aux Saoudiens. Riad a promis un geste, tout en sachant fort bien que dans d'éventuelles guerres de 4e génération qui l'opposeraient à des « terroristes », les armes américaines sophistiquées  ne serviraient à rien. La suspension du contrat d'armement ne punirait que le lobby militaire. Bush doit donc arbitrer entre lobby pétrolier et lobby de l'armement.


18/05/2008
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