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Barack Obama est-il déprimé? La vraie question est : qui ne le serait à sa place?

Des rumeurs courent actuellement, à Washington et ailleurs, concernant l'équilibre nerveux de Barack Obama. Faut-il les croire? Nous pensons que oui.
 Sur ces rumeurs elles-mêmes, on se réferera utilement à  l'article de Philippe Grasset ( http://www.dedefensa.org/article-le_mid-term_de_la_depression_07_10_2010.html ). Quel crédit leur accorder, surtout s'il s'agit du chef d'un Etat aussi puissant que le sont les Etats-Unis, assisté par les meilleurs experts du monde? Un très grand crédit, pensons-nous. Les exemples de dépressions passagères atteignant les Présidents des Etats-Unis abondent, comme le rappelle cet article. Quant aux crises de paranoïa, prenant la forme de quasi folies furieuses, la vie des dictateurs en a donné de nombreux exemples. Mais s'agirait-il de défaillances propres à ces dirigeants eux-mêmes, ou plutôt des limites mêmes, cognitives ou affectives,  de l'individu humain?

Dans le Paradoxe du Sapiens, nous avons défendu la thèse selon laquelle l'évolution du monde récent, ce que l'on peut aussi nommer l'Histoire, résulte des compétions de type darwinien entre des systèmes associant les humains, anthropos, et les techniques ou technologies. Nous les avons nommés des systèmes anthropotechniques. Le propre selon nous de tels systèmes est l'impossibilité de s'extraire de leurs déterminismes internes pour s'élever à la prise en considération de la survie du monde global – ceci simplement d'ailleurs parce que ce monde global n'est pas organisé en superorganisme ou supersystème anthropotechnique capable de se représenter ses propres intérêts de survie.

Le fait que de tels systèmes soient dirigés par des humains dotés de « gros » cerveaux et de toutes les ressources modernes de l'aide aux décisions intelligentes n'est en rien une garantie. Au contraire. Ces humains restent des humains, individuellement ou en groupe (group thinking). Ils atteignent vite leurs leurs limites, non seulement pour se donner des visions du monde intelligentes, mais pour faire face aux stress affectifs découlant du commandement. Ces stress génèrent des réactions opposées, dépression ou fureur paranoïaque, qui sont également incapacitantes et qui finalement peuvent conduire le système à sa perte – sans mentionner les risques collatéraux sur l'évolution du monde global.

Le livre de Bob Woodward, Obama's war, décrit bien (on peut reconnaître une certaine compétence  à son auteur) la façon dont le Pentagone et les conseillers de la Maison Blanche ont finalement poussé Barack Obama à prendre une décision absurde concernant la poursuite de la guerre en Afghanistan: annoncer qu'elle sera conduite jusqu'à l'éradication des Talibans tout en promettant un retrait rapide des forces de la coalition. On peut penser qu'Obama était assez intelligent pour se rendre compte de l'absurdité de cette stratégie mais qu'il était psychologiquement trop faible pour en prendre une autre plus radicale, se retirer d'Afghanistan, en l'imposant aux divers lobbies qui lui imposaient le maintien. D'où sans doute un début de dépression de sa part.

Les échecs militaires enregistrés depuis n'ont pas du lui remonter le moral. Mais aujourd'hui, la situation s'est si aggravée qu'elle débouche sur une véritable impasse. Les Etats-Unis, et l'Otan à sa suite, se trouvent devant deux perspectives aussi catastrophiques l'une que l'autre: ou mener sous la pression du pentagone et des lobbies une guerre impossible à gagner contre le Pakistan, considéré dorénavant comme un allié non seulement des talibans mais de l'islamisme radical – ou capituler sans garanties devant ce même Pakistan et du même coup devant ce même islamisme radical qui sortira inévitablement renforcé de cette capitulation. Rien n'exclut que, dans l'un et l'autre cas, la menace d'une bombe atomique sale fournie par l'arsenal nucléaire pakistanais ne se concrétise pas, sur le territoire américain ou ailleurs.  On comprend que devant un tel dilemme, l'esprit du responsable le mieux trempé se réfugie dans l'aboulie.

Il faut dire que, bien qu'aucun d'entre nous n'ait sur les épaules les responsabilités pesant sur celles d'Obama, nous serions bien incapables de suggérer de solutions raisonnables préservant à long terme les intérêts qui nous sont chers. D'une part, les informations dont nous disposons – qui sont globalement celles des décideurs – sont si confuses et contradictoires qu'elles ne suggèrent aucune solution crédible. D'autre part, et nous en revenons à notre hypothèse relative à l'aveuglement des systèmes anthropotechniques en compétition, on peut penser qu'effectivement, aucune solution n'est possible, sinon attendre de voir ce qui résultera de l'affrontement des monstres. On peut attendre d'une façon agréable, en faisant en courant le tour du parc municipal, ou de façon peu recommandable, en prenant un comprimé de somnifère, comme le fait peut-être en ce moment Barack Obama. Mais dans l'un ou l'autre cas, il s'agira d'un aveu d'impuissance de notre si vantée raison.
08/10/2010
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Nombre de réaction(s) : 1
De l'humanité de la dépression.
09/10/2010 14:13:04 | Par : Mélusine
Si Barack Obama souffre de dépression, c'est à mon avis un excellent pronostic de son état mental. Personne de normal ne résisterait à une telle pression.
Seul un être réellement atteint sur le plan mental comme le sont les manipulateurs pervers et les psychotiques ne montrent pas de fléchissement, parce qu'ils ne se posent pas de question et n'ont pas vraiment le poids de leur conscience. Le problème est qu'en général, les autre en subissent les conséquences (Relire: Ces malades qui nous gouvernent). En Belgique, il y a BDW qui est un authentique manipulateur pervers (Marie-France Hirigoyen).
Pour Obama, espérons seulement que sa position de pouvoir n'ait pas un effet d"enkystement"...
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