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Le Google Lunar X prize

Les Français sont si peu intéressés par l'Espace que nul écho n'est donné à plusieurs évènements mondiaux qui en ce début octobre mettent en évidence les enjeux de l'exploration spatiale pour les Etats, pour les industries spatiales et - en principe - pour l'humanité.
 


Le premier de ces évènements est la World Space Week ou semaine spatiale mondiale, organisée par l'ONU du 4 au 10 octobre 2010. Toutes les organisations, étatiques, universitaires et privées, sont invitées à y participer. L'objectif affiché est l'organisation coordonnée d'évènements « mettant en évidence la contribution des sciences et technologies spatiales à l'amélioration de la condition humaine ». Pour les puissances spatiales, se sera l'occasion de promouvoir leurs programmes, leurs ressources humaines et technologiques, leur vision du rôle de l'Espace dans les prochaines décennies.

Un second événement, tout aussi significatif en termes géostratégique, est la tenue du Google Lunar X prize Summit dans l'Ile de Man les 4 et 5 octobre 2010. Google s'était associé il y a 4 ans avec la Fondation Xprize pour offrir un prix de 30 millions de dollars destiné à récompenser la première équipe entièrement privée qui sera capable d'envoyer un robot sur la Lune. Le robot devra y accomplir un parcours de 500 mètres et retransmettre sur la Terre des images, vidéos et données. L'objectif n'est pas à la portée du premier venu. Il suppose la mise au point et/ou l'utilisation de lanceurs, orbiteurs et alunisseurs, sans mentionner le robot lui-même et les télécommunications associées. Le budget de l'ensemble dépasse largement les 30 millions du prix. Les équipes devront donc nécessairement coopérer avec des agences spatiales publiques ou des industriels de l'espace bien établis. Quoiqu'il en soit, 21 équipes se sont inscrites, dont l'une italienne et l'autre catalane (voir http://www.googlelunarxprize.org/lunar/teams ).

La Fondation Xprize repose principalement sur les contributions des deux géants des télécommunications Cisco pour les réseaux et BT (British Telecoms) Global services pour les services associés. Son objectif est d'encourager des projets industriels ou universitaires innovants dans les secteurs de l'énergie, des transports, des bio et cognotechnologies. L'espace est considéré à juste titre par cette fondation comme un enjeu stratégique.

Google pour sa part vise à se diversifier dans tous les domaines porteurs d'avenir, comme nous l'avons rappelé dans un article publié sur ce site. Avec Google Earth, il avait montré depuis déjà plusieurs années son intérêt pourt les applications satellitaires et le GPS.

Google comme la Fondation X Prize s'inscrivent ainsi de façon spectaculaire dans la politique actuellement décidée aux Etats-Unis: désengager la Nasa des projets spatiaux, en réduisant sensiblement ses crédits, et encourager des entreprises privées capables de prendre le relais tout en bénéficiant de l'expérience et parfois des équipes de la Nasa. Ainsi, comme nous le rappelons dans notre article http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=564&r_id= la Nasa semble avoir pratiquement renoncé à prendre en charge une prochaine mission lunaire, de même qu'elle a pratiquement renoncé à entretenir la station spatiale internationale et les liaisons par navette avec cette dernière. Concernant la compétition pour le Google Lunar X prize, la Nasa, toute honte bue, vient d'annoncer qu'elle désirait bénéficier de l'expérience acquise par la ou les équipes gagnantes, et qu'elle était prête à en payer le prix, soit 10 millions versés à chaque équipe répondant à un cahier des charges fixé par elle. Ceci devrait lui permettre de s'informer de l'état de l'art dans un domaine où les références passées de la Nasa, aussi glorieuses soient-elles, ne lui permettent plus de s'affirmer.Le fait que le Google Lunar X prize Summit pour 2010 se tienne à l'Ile de Man, connue non par son expérience spatiale mais par ses compétences en termes de paradis fiscaux, n'est pas anodin. Il s'agit d'une nouvelle touche donnée à la politique de privatisation de l'Espace actuellement mise en oeuvre par l'Amérique et par les Européens.

Nous avons indiqué dans l'article  précité que, pour ce qui les concerne, la Chine et l'Inde tiennent à conserver la maîtrise gouvernementale sur la politique spatiale. Il s'agit pour ces puissances d'un enjeu géostratégique et civilisationnel majeur. Les entreprises privées n'en seront pas exclues, mais la direction devrait rester dans les prochaines décennies définie par la nation et les institutions publiques qui l'incarnent.

Pour en savoir plus
Le Google Lunar X prize http://www.googlelunarxprize.org/
Xprize Foundation http://www.xprize.org/ BT Global Services et Cisco
World Space Week 4/10 octobre http://www.worldspaceweek.org/
en français http://www.worldspaceweek.org/intro_-_french.html

25/09/2010
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