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Collaborations industrielles en Europe

On parle régulièrement de grandes manoeuvres dans le domaine des industries stratégiques impliquant des industriels européens. Les propos officiels ou officieux sont généralement accueillis avec méfiance ou démentis. Ils paraissent cependant frappés au coin du bon sens.

Le dossier le plus ancien et le plus récurrent est celui d'une coopération bilatérale entre le Royaume Uni et la France dans le domaine des armements. Cette coopération permettrait aux deux pays de partager des efforts de défense en période de baisse des crédits, sans compter sur une éventuelle politique européenne de défense, qui serait bien utile mais dont peu d'Etats membres ne veulent.

Un rendez-vous le 5 novembre à Londres examinera les champs possibles de coopération:  équipement du soldat, missiles, satellites, drones de combat. Dans ce dernier domaine, aux mains actuellement des Etats-Unis et d'Israël,  BAE étudie un projet avec Dassault Aviation. Se posera également la question de l'entretien des futurs avions de transport A400M et d'éventuels avions-ravitailleurs dérivés d'Airbus. Pour bien faire, il serait aussi nécessaire d'envisager le domaine naval: coopération dans la fourniture de porte-engins communs ou de frégates d'escorte, sans oublier le sempiternel problème du Rafale ou de son successeur.

Les experts français accueillent ces perspectives avec intérêt mais aussi la plus grande prudence, connaissant le souci du Royaume Uni de conserver des liens étroits avec l'industrie américaine et les mains libres dans le domaine de l'emploi des forces. Si de tels projets aboutissaient, ce serait certainement une bonne  nouvelle pour l'industrie européenne en général, et les emplois y associés.

Un autre domaine de coopération européenne apparemment plus simple à traiter (mais il ne s'agit que d'une apparence) concerne la mise en place d'un pôle ferroviaire commun entre la France (Alstom) et l'Allemagne (Siemens), baptisé sans doute un peu prématurément, l' « Airbus du rail ». Il ne s'agirait pas seulement d'équiper les réseaux intra-européens en trains à grande vitesse, trains régionaux et trams, mais de tenter de mieux s'implanter sur l'énorme marché représenté par les grands pays favorisant l'option ferroviaire. Mais d'une part, les gouvernements et les industriels européens concernés n'ont pas nécessairement la même approche de l'attitude à avoir, face à des clients qui veulent en général bénéficier de forts transferts de technologies. On sait par exemple que désormais la Chine, à partir du savoir-faire transmis par Siemens, construira et exportera ses propres TGV. D'autre part, les Européens peinent encore à s'entendre entre eux – d'autant plus (ce qui ne devrait rien avoir à y faire) que SNCF et Deutsche Bahn s'affrontent encore sur l'ouverture réciproque des lignes. 

Nous ajouterons que la question de l'indispensable coopération industrielle avec la Russie, que ce soit dans le domaine militaire ou civil, ne devrait pas être considérée par les gouvernements européens comme un sujet secondaire.
15/09/2010
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