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Créer une force européenne d'urgence pour la Russie

Le secrétaire d'Etat aux affaires européennes Pierre Lellouche, pour une fois clairvoyant, vient de reprendre cette idée dans le Figaro du 9 Août. Devant l'ampleur grandissante du désastre en cours, cette proposition sera peut être prise en considération, par les Européens d'une part, par les Russes d'autre part.

Mais il ne faut pas se faire d'illusion, ce ne seront pas quelques bombardiers d'eau et quelques dizaines d'hommes qui résoudront le problème. Surtout si s'ajoute aux incendies la dispersion de matières radioactives. Il faudrait en fait que la Russie accepte la mise en place d'un véritable comité de guerre intergouvernemental russo-européen étudiant la façon dont les forces nécessaires pourraient être mobilisées. Ce serait dur pour la propagande de Vladimir Poutine (ici aux commandes d'un bombardier d'eau BE 200), mais tout laisse craindre que laissée seule la Russie ne s'effondre politiquement et socialement, vu l'ampleur des conséquences sanitaires et économiques du désastre.

L'approche ne devrait d'ailleurs pas être limitée aux seuls risques courus par les Russes. Les incendies récents en Grèce ou dans d'autres pays méditerranéens ont déjà donné l'occasion de réfléchir à la mise en place d'une telle force européenne d'intervention. Le projet avait aussi été évoqué concernant Haïti, sans suites évidemment. Certes, pour le moment encore, les services publics des pays européens ne sont pas dans l'état de déliquescence de leurs homologues russes (voir à cet égard l'article sévère du WSWS américain) mais les économies imposées aux administrations par le FMI et les marchés financiers ne présagent rien de bon. La France elle-même voit constamment ses moyens de sécurité se réduire sous la pression de la privatisation galopante. Par ailleurs bien d'autres risques qui ne se limiteront pas aux frontières d'un seul Etat sont à prévoir, en terme notamment d'inondations, d'épidémies et peut-être de tremblements de terre.

Nous avons ici souvent regretté que le concept de défense européenne soit progressivement perdu de vue par les gouvernements européens, principalement pour ne pas paraître prendre de l'autonomie par rapport aux Etats-Unis et à l'Otan, censés assurer la défense de l'Europe. Dans l'immédiat l'idée que l'Europe, dans le cadre d'un accord stratégique avec la Russie,  reprenne ce concept en vue de créer une force d'urgence dotée des effectifs et des moyens suffisants pour lutter contre les grands risques serait une bonne façon de rouvrir ce dossier. Les Hollandais ont quitté l'Afghanistan où ils estiment à juste titre n'avoir plus rien à faire. Qu'attendent les autres pays européens pour faire de même et affecter des  moyens au moins égaux à la sécurité commune. Si la France pour sa part s'en tient aux propos de Pierre Lellouche et ne fait rien de plus, elle manquera une bonne occasion de relancer la construction européenne sur des bases indiscutables.

Précisons que la force d'urgence européenne ne devrait pas être seule en charge. Elle devrait être articulée avec des moyens nationaux renforcés et normalisés afin de pouvoir coopérer. Ce serait une bonne façon de faire l'inventaire des ressources dont disposent chacun des pays, avant de découvrir, comme le font les Russes actuellement, l'ampleur des insuffisances. 

PS au 18/08. Sur l'état de la Russie "réelle" et non vue par les journalistes occidentaux, on pourra lire les articles d'un certain Alexandre Latsa.  http://www.agoravox.fr/auteur/alexandre-latsa
Les notes :
11/08/2010
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