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Dominique de Villepin, la voix de la France et l'Europe

Ceux qu'inquiète le regard que l'Europe et le monde jettent actuellement sur la France, regard encore plus méprisant ce jour qu'il ne l'était lorsque nous avons écrit notre dernier éditorial, ne peuvent qu'être un peu soulagés après avoir entendu Dominique de Villepin sur France Culture à 8h le 12 juillet.

Certes la diffusion de ce média est très limitée, néanmoins, France Inter rentrant dans le rang, il faut s'en satisfaire. Aussi, sans abandonner en rien des convictions de gauche matinées de vert (quand on en a), on peut  espérer le bon effet d'un programme et d'une personnalité qui seraient bien utiles à la France et à l'Europe aujourd'hui.

Alors que le pouvoir se livre, en méprisant l'intelligence des électeurs,  à un enfumage général,  répondant en permanence à côté des questions, que ce soit au plan national ou au plan international, Dominique de Villepin a le mérite de dire haut et fort ce que selon nous la France devrait attendre d'un chef d'Etat et ce que l'Europe devrait attendre de la France.

Ne nous faisons pas d'illusion. Il y a toujours un abime entre les grandes idées et les réalités du pouvoir, une fois venu le moment de l'exercer.  Néanmoins il vaut mieux entendre de grandes idées et de grands principes que des dénis de réalité,  quand ce ne sont pas des contre-vérités. Nous ne résumerons pas ici les mérites du discours politique de Dominique de Villepin. Disons seulement que nous en retenons 3 points essentiels:

* une prise de distance indispensable à l'égard des Etats-Unis, sinon un désengagement radical vis-à-vis  de l'atlantisme ambiant qui règne plus que jamais en France et en Europe 1). Le refus de poursuivre l'engagement en Afghanistan en donnerait le signe, mais il ne faudrait pas s'en tenir à cela.

* la conscience que des investissements très importants, privés et publics, dans les sciences, les technologies et l'enseignement supérieur sont, pour l'Europe, une bien plus grande priorité que la réduction des déficits.

* la conscience enfin que devient insupportable l'aggravation des inégalités entre une petite minorité profitant de la mondialisation sans rien apporter en retour à la nation, et la grande masse de la population. Or sacrifier, sous prétexte d'économies 2),  ce que le secteur public social et l'administration font pour diminuer cette inégalité ne peut que pousser à de véritables révoltes.

Les choses seraient sans doute plus claires, tant vis-à-vis des Français que vis à vis de l'opinion européenne, qui malheureusement ignore en général Dominique de Villepin, si celui-ci se démarquait véritablement de la droite, qu'il continue à présenter comme sa famille. Pour cela il devrait se définir en rassembleur,  à l'image de De Gaulle (le De Gaulle de 1940 plus précisément).

De Gaulle, les Européens savent encore de qui et de quoi il s'agit. Un De Gaulle adapté à l'enchaînement crisique du monde actuel suscitera peut-être l'ironie de certains de nos voisins, mais certainement l'intérêt du plus grand nombre. Nous ne voyons malheureusement pas d'autres hommes (ou femmes) politiques français pouvant pleinement jouer ce rôle.

Notes
1) Comment par exemple nier le fait que le président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso soit l'homme-lige de Washington, qui a préparé dès le début la mise en place de ce pion à la tête des institutions européennes.
2) Ces économies sont amplement compensées par le coût d'une privatisation des services publics qui ne profite qu'aux riches.
12/07/2010
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