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Réduire les dépenses publiques inutiles, peut-être. Investir oui

Il y a bientôt un mois, notre dernier éditorial invitait les gouvernements européens, non seulement à réduire les dépenses publiques non prioritaires, ce qui semble du bon sens, mais surtout à encourager les investissements, en Europe même et ce à partir des épargnes européennes. Bien évidemment, ceci ne sera pas fait. Le prochain G20 confirmera que l'Europe continuera sur la pente de la récession par sous-investissement, contrairement notamment à la Chine et même aux Etats-Unis. Nous ne pouvons donc que reprendre ici, avec quelques mises à jour, le texte de ce précédent éditorial, plus que jamais d'actualité.

Les Européens, qu'il s'agisse des gouvernements ou des populations, semblent en train de se convaincre de la nécessité de réduire drastiquement les dépenses non productives. On parle de 20% sinon 40% en 5 ans. Mais personne ne parle d'augmenter en proportion les dépenses productives. Ne pas le faire plongerait l'Europe non seulement dans une récession durable mais dans le sous-développement.

Il devient courant dorénavant d'entendre lors des tribunes économiques les experts de toutes origine discuter des moyens de réduire la dette des Etats et des régimes sociaux, de comprimer les dépenses publiques, de trouver de nouvelles ressources fiscales, le tout pour éviter la possible « faillite » de ces mêmes Etats. Ceci n'est pas dénué de fondement. Nul ne peut prétendre qu'une collectivité, quelle qu'elle soit, puisse à long terme dépenser plus qu'elle ne gagne. Mais il est évident que si rien n'est fait en contrepartie pour augmenter les offres de produits et services écologiquement durables répondant aux besoins de production et de consommation des Européens, les couches sociales pour qui ces dernières ne sont pas un luxe mais une nécessité vitale ne pourront que se révolter.

Dans le même temps cependant, d'autres experts invitent les pays européens à ne pas s'enfoncer dans la récession. Il faut relancer la croissance. Mais comment et pour quoi faire? Les avis diffèrent mais dans l'ensemble, il s'agit de relancer la consommation, sans se demander si cette relance profitera ou non aux industries occidentales déjà très marquées par le sous-investissement. La relance, en fait, ne profitera qu'aux pays produisant des biens à bas coûts, comme aux grands distributeurs qui les revendent en Europe à des prix élevés.

Ce ne sera pas non plus non plus l'importation à crédit de biens et services produits hors d'Europe qui pourra répondre aux besoins de relance, puisque les revenus permettant de se les procurer auront disparu du fait de la désindustrialisation et des délocalisations. Il ne reste donc qu'une solution pour éviter de mourir progressivement, sinon de faim du moins de langueur: investir en Europe pour se donner les technologies et les produits répondant aux demandes incompressibles. Point n'est besoin d'attendre pour en décider. Investir dans les secteurs émergents demande des hommes et des ressources techno-scientifiques que l'Europe n'a peut-être plus. Mais les retards en ce domaine peuvent se rattraper. Il faut par contre de l'argent. Nous avons estimé les sommes nécessaires à 1.000 milliards sur 5 ans. Il faut les trouver quelque part.

Dans un article précédent (http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=446&r_id=) nous avions indiqué que les Etats européens pouvaient, sans aucunement accroitre leur dette extérieure, s'engager dans une politique de créations d'obligations garanties à 10 ans s'adressant aux citoyens européens disposant d'un minimum d'épargne. Si un dispositif communautaire adéquat était mis en place permettant de n'attribuer les prêts correspondants qu'à des investisseurs domestiques s'engageant à investir  sur le territoire européen, et si les choix  technologiques judicieux étaient faits, les 1.000 milliards ainsi prêtés devraient se retrouver dans un délai de 5 à 10 ans sous forme de biens et services commercialisables. Le prêt serait donc amorti. Autrement dit, il ne faudrait en aucun cas  l'ajouter au montant des dettes publiques que l'on cherche par ailleurs à réduire. Dans le même esprit, on pourrait très bien envisager que les budgets publics d'investissement et de recherche bénéficient du même régime de financement contre restitution à terme des crédits alloués.

Est-il nécessaire de préciser que les mesures envisagées ici supposeraient un minimum d'accord entre les Etats européens et l'Union européenne, visant de facto sinon de jure à mettre en place le gouvernement européen commun que même les Américains nous demandent maintenant de faire fonctionner.
25/06/2010
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