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Suite au débat concernant la visite en Europe de Timothy Geithner

Nous avons reçu ce texte de Joseph Leddet qui répond aux arguments de Jean-Claude Empereur concernant les conclusions à tirer de la récente visite en Europe deTimothy Geithner. La discussion reste ouverte, car le thème en est très important.

Cher Jean Claude, je comprends ta réaction, et je partage ta sensibilité qui défend les valeurs de « l'éducation européenne », pour reprendre un titre de Romain Gary que j'apprécie et respecte beaucoup.

Cela étant, en l'occurrence, je ne suis vraiment d'accord sur aucun de tes trois points :

-        sur le 1/, s'il est vrai que les produits dérivés structurés à base de « subprime » sont apparus au départ aux Etats-Unis, tout comme d'ailleurs la plupart des produits financiers en général, ils ont été ensuite  rapidement et massivement adoptés par les spécialistes  mathématiciens des grandes banques européennes, françaises au premier  rang.

De plus, il faut savoir que  l'établissement qui a véritablement jeté l'ensemble du système financier mondial dans la crise est  une grande banque française (au nom anonymisé par le modérateur)  qui, en « gelant » en août 2007 trois Sicav monétaires (synonymes d'argent liquide) infectées par lesdits « subprime », et ce pour une modeste  somme de 1 ou 2 milliards d'euros qu'elle a refusé pendant plusieurs mois de restituer a ses clients (trésoriers d'entreprise, fonds d'assurance-vie, « asset-managements » bancaires) - et ce d'ailleurs à la différence d'AXA qui a tout de suite rendu à ses clients  l'argent de fonds du même type- a fait imploser le marché interbancaire.

Celui-ci, autrement dit  les prêts à court terme entre banques internationales, a d'un seul coup par méfiance cessé de fonctionner (les banques ne se font désormais plus confiance entre elles) et a dû être remplacé par des prêts directs des Banques centrales aux banques privées ; de facto, trois ans plus tard ce gel du marché se poursuit peu ou prou, remplacé qu'il est par un « open bar financier » entre banques centrales et secteur bancaire privé.
Donc il me semble injuste de faire porter sur ce point  le chapeau aux seuls méchants yankees
 
-        sur le 2/, nous (citoyens ou contribuables) ne nous sommes pas vraiment endettés pour l'instant pour sauver le système financier: ce sont en fait les banques centrales qui l'ont remis sur pied en quelques mois, en lui prêtant de l'argent à taux zéro que ledit système  a reprêté immédiatement  aux Etats à 3, 4, 5, voire 10% dans le cas de la Grèce ; reconnaissons qu'il existe assez de peu moyens aussi simples pour  gagner de l'argent à grande échelle rapidement et sans risque ;
 
-        sur le 3/, la critique principale de M. Geithner contre l'Europe (et spécialement l'Allemagne) est d'avoir retenu début mai un faux plan de soutien et de relance de l'économie, qui place de draconiennes restrictions budgétaire publiques au premier plan, et ce en faisant l'impasse sur toutes leurs tristes conséquences économiques et sociales ; on met ainsi l'économie et les Etats au régime sec, tout en continuant de dérouler le tapis rouge aux banques ;  dans le contexte actuel de crise larvée, c'est un non-sens évident, et je ne puis que soutenir vivement la réaction du représentant américain, même si elle peut nous sembler quelque peu cavalière....
 
Cela étant, j'approuve totalement a contrario ton hostilité à un atlantisme dominateur et à une intégration UE/OTAN totalement contre nature et que je qualifie – en pesant mes mots- de trahison  car se ralliant sciemment au parti anti-européen ; je trouve également indécente l'intrusion du FMI  dans le vaudeville grec et dans le plan européen. Enfin, et je l'ai écrit aussi récemment, je crois comme toi qu'il faut pour l'Europe s'inspirer de l'exemple du Japon, un pays nationaliste au sens positif du terme,  qui se débrouille parfaitement tout seul malgré son équation atypique ; potentiellement, l'Europe a au moins autant d'atouts que le Japon ; mais elle n'est pas unie, et elle est sans arrêt depuis 50 ans affaiblie par des menées atlantistes internes ou externes : souhaitons que la période actuelle de crise la fasse évoluer vers  un vrai fédéralisme...

Joseph Leddet
04/06/2010
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