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Retour sur la visite en Europe de Timothy Geithner. L'atlantisme n'est pas mort

Cette visite, commentée en termes différents sur ce site, a fait suite aux déclarations de Angela Merkel. La Chancelière a eu le courage de dire publiquement et clairement ce qu'elle pensait de la situation de crise actuelle. En substance son raisonnement est le suivant: 1.C'est le système financier anglo-saxon qui nous a, par ses excès, jetés dans la crise, 2.Nous nous sommes très fortement endettés pour le sauver, 3.Et maintenant c'est ce système qui critique notre endettement et attaque nos économies. La déclaration reprise très brièvement par les radios et les télévisions tôt le lendemain matin de sa diffusion a rapidement été étouffée par les médias "mainstream", elle n'était pas "atlantiquement correcte".

C'est probablement le propos d'Angela Merkel  qui a provoqué la visite éclair  et rageuse de Timothy Geithner, secrétaire d'Etat aux finances de Barack Obama et ex Goldman Sachs. Les déclarations sentencieuses de celui ci, inadmissibles tant dans le fond que dans la forme,  ne visaient pas à soutenir l'Europe  comme le laissent entendre des commentateurs  naïfs ou complices. Les Etats Unis  et leurs relais financiers plaident, sous couvert d'une soi-disant  « communauté de destin euro atlantique » pour un Euro fort, car  la parité actuelle de la monnaie européenne   qui retrouve en ce moment son niveau normal ( 1,20 dollar pour 1 euro) est contraire aux intérêts américains. Ceux-ci ont besoin d'un marché européen de biens, de services et de capitaux très ouvert pour sortir de la crise et se remettre à flot.
 
L'attaque financière lancée contre la Grèce n'est que le prélude à une attaque générale orchestrée  contre l'Union et surtout  contre l'euro. Ne nous laissons pas abuser par  cette stratégie anglo-saxonne très élaborée et parfaitement annoncée par Timothy Geithner. Il pousse les Européens à se fondre dans un bloc atlantique lequel les conduira inévitablement à financer les déficits budgétaires américains et anglais  par un euro dollarisé.

La mécanique est en marche avec l'acceptation par l'Union, à partir de la crise grecque, d'une sorte de tutelle du FMI. Chacun sait que  l'intervention de ce dernier n'était pas nécessaire mais qu'elle a été imposée.  J.C. Trichet avait raison  de s'y opposer. Il est vrai que, de ce point de vue, Angela Merkel,sous la pression de son  électorat, n'a pas été très cohérente . Il ne reste plus qu'a élire Dominique Strauss Kahn en 2012 comme président de la République française pour que la boucle soit bouclée.
 
 De ce point de vue , on peut s'étonner de voir des responsables gouvernementaux et non des moindres ( François Baroin) laisser entendre que si l'on n'y prenait garde la France prendrait bientôt le chemin de la Grèce. On est en pleine stratégie du choc, selon l'expression de Naomi Klein dans son excellent livre portant ce titre.
 
A terme on peut penser que si les Européens voulaient se libérer  de la tutelle des marchés, renforcée maintenant par celle du FMI,  ils devraient s'inspirer de la politique japonaise qui, de ce point de vue, est exemplaire. Les Japonais ne comptent que sur leur épargne nationale pour financer leur budget. Or la dette japonaise représente 200% du PIB, on est bien au delà des "terrifiantes "dettes européennes,... Le Japon malgré ses difficultés,  reste la troisième économie mondiale ,  il ne fait appel ni aux marchés financiers  soi disant indispensables, ni au FMI, et n'a que faire du jugement des agences de notation...Ce qui explique  que,  dans la crise actuelle,  vous n'entendez jamais parler de lui. Curieusement personne ne s'en étonne... Le Japon se débrouille tout seul et s'en sort. Ce n'est pas "mondialement" correct.
 
Je termine ce commentaire en  conseillant la lecture, dans le dernier numéro de l'excellente revue Foreign Affairs, revue officieuse du Département d'Etat , très proche du CFR (Council on Foreign Relations), l'un des inspirateurs de la politique américaine, d'un article de William Drozdiak ( German Marshall Fund) qui plaide, sans fards, pour le renforcement des liens euro-atlantiques via un intégration toujours plus forte de l'Union Européenne et de l'OTAN. Il demande l'extension des compétences de ce duopole d'un nouveau genre à de plus en plus de compétences,  en particulier ... la politique agricole commune. A méditer par ceux qui s'interrogent sur la souveraineté alimentaire.
 
02/06/2010
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