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Iter, un investissement d'avenir

Les autorités de tutelle du programme international Iter destiné à démontrer la faisabilité de la production d'énergie électrique par fusion nucléaire ont confirmé ce qui avait déjà été annoncé: une augmentation des délais et surtout des coûts. Pour nous, il s'agit d'un argument justifiant de poursuivre voire accélérer le programme.

Ces augmentations, pour des motifs tenant à une sous-évaluation des investissements nécessaires et à la modification des spécifications techniques pour tenir compte des technologies d'aujourd'hui, sont en effet assez compréhensibles dans un tel projet. Elles tiennent en partie d'ailleurs  à la hausse des matières premières et produits finis nécessaires.

Le budget global devrait doubler par rapport aux 4,7 milliards initialement annoncés. L'Union européenne  est la principale contributrice économique. A ce titre, elle devrait voir sa part passer de 2,7 à 7,2 milliards sur les dix années dédiées à la construction. Les autres pays faisant partie du projet, la Chine, la Corée du Sud, les Etats-Unis, l'Inde, le Japon et la fédération de Russie, devront aussi voir leur contribution augmentée. Seuls les Etats-Unis, pour de complexes raisons politiques, ont menacé de cesser leur participation.

Rappelons que ITER n'a pas vocation à produire de l'énergie de façon commerciale, mais à démontrer la faisabilité de la fusion sur Terre au sein d'un plasma confiné. Cette étape achevée, un premier réacteur nucléaire de fusion, DEMO, devrait voir le jour au Japon pour apporter la preuve de la faisabilité industrielle du concept à l'horizon 2050.

Dans le contexte de crise économique actuel, nombreuses sont les voix s'élevant pour demander que le projet soit arrêté, ou tout au moins séquencé dans le temps, ce qui aboutirait pratiquement à sa mort. On comprendrait à la rigueur ce discours quand il émane des lobbies anti-nucléaires (encore que la fusion devrait en principe permettre d'échapper en grande partie aux problèmes nés de la  fission).  Mais que des gens ayant un minimum de perception stratégique puissent eux-aussi demander d'abandonner un programme dont les retombées, immédiates et à terme, sont et seront infiniment supérieures aux coûts, ne rassure pas sur le bon sens des prétendus experts.

Offrir des emplois de haute qualification au coeur de l'Europe, obliger à développer des technologies et matériaux jugés encore extrêmement complexes, créer un foyer international de coopération scientifique qui pourra devenir à terme aussi important que le LHC, jeter enfin ce faisant les bases d'une véritable révolution énergétique, représentent, notamment pour l'Europe, des enjeux tels que nul ne devrait les discuter. Préférerait-on voir gaspiller des milliards et cumuler les risques, comme le font les compagnies pétrolières en ce moment, en poursuivant des programmes de forage océanique dit profonds et ultra-profonds. Si l'Europe abandonnait Iter, on serait en droit de dire qu'elle se résout à ne plus jamais être qu'un parc de populations vieillies et sans ambitions, aux rêves partagés entre  la plage et le foot-ball. 

Notes

1) L'agence Iter France http://www.itercad.org/projet.php  rappelle que le projet français Laser Mégajoule (LMJ) en construction près de Bordeaux et le projet international ITER diffèrent tant sur le plan des acteurs que du financement ainsi que dans les applications et les technologies mises en oeuvre. Le Laser Mégajoule, financé sur le budget du ministère de la Défense, est un programme de simulation qui permet de garantir la dissuasion nucléaire en l'absence d'essais en grandeur réelle. Il ne s'inscrit donc pas dans les mêmes perspectives que le projet international ITER dont les objectifs sont uniquement civils.  
Les conditions permettant d'obtenir des réactions de fusion sont complètement différentes sur le Laser Mégajoule et sur ITER. La réaction de fusion de l'hydrogène en hélium est obtenue dans le premier cas  au moyen d'une impulsion laser très brève sur le Laser Mégajoule,  conduisant à des pressions très élevées. Avec ITER, la réaction de fusion apparaîtra  dans un plasma maintenu à hautes températures, à basse pression et confiné par des champs magnétiques pendant des temps longs. Il n'y a donc pas lieu, en principe, à recherche commune entre les deux  procédés.
2) Position de la commission européenne concernant Iter
 http://www.eurosfaire.prd.fr/news/consulter.php?id=4542
3) Présentation de Iter par wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/International_Thermonuclear_Experimental_Reactor
30/05/2010
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