Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser

Gouvernement de coalition en Grande Bretagne

Les observateurs politiques semblent embarrassés face à la mise en place du gouvernement de coalition Conservateurs/Libéraux-démocrates en Grande Bretagne. Sans prétendre être plus avisés qu'eux, on peut penser que les fondamentaux de la politique britannique, que ce soit vis-à-vis des Etats-Unis ou de l'Europe, ne changeront pas beaucoup.

Pour certains commentateurs, ce nouveau gouvernement risque d'introduire en Grande Bretagne une paralysie relative des pouvoirs, analogue à celle qui avait marqué la « grande coalition » allemande,  sous la Chancelière Angela Merkel 1.  Il faudra tenir compte des volontés divergentes des Conservateurs, de celles du nouveau parti Lib-Dem et de ce qui reste de forces politiques fidèles au Labour. On peut craindre que le gouvernement ne s'enlise entre les unes et les autres, encourageant des  spéculations financières contre sa politique et contre, éventuellement, la Livre elle-même.

Pour d'autres commentateurs au contraire, le génie politique incontestable de la nation britannique évitera l'enlisement et soutiendra des décisions courageuses destinées comme en Juin 1940 à prendre le dessus sur les ennemis divers. La coalition en effet devrait permettra de mettre de côté les plus conservateurs des Conservateurs et les plus libéraux (lisez « aventuristes ») des Libéraux. Le caractère très anglais chic des deux leaders devrait y aider. Dans la tourmente, un peu d'aristocratie ne fait pas de mal.

Nous sommes persuadés pour notre part que la Grande Bretagne dispose d'une force de résilience qui lui permettra de continuer à naviguer pavillon haut encore quelques années. Mais il paraît vain d'espérer que ce faisant, elle s'éloigne beaucoup de ses routes traditionnelles. D'une part, elle restera convaincue qu'elle peut jouer un rôle salvateur à l'égard des Etats-Unis, en injectant dans la politique américaine, grâce aux Special Relationships, un bon sens qui semble manquer désormais à une Amérique en voie d'effondrement systémique. Ce n'est sans doute pas l'avis des Américains, mais ce sera en tous cas une raison pour qu'elle continue à se faire la fidèle servante de Washington, persuadée ainsi de se protéger elle-même en protégeant son grand voisin.

D'autre part et par conséquent, la Grande Bretagne restera convaincue qu'elle n'a rien à espérer d'un rapprochement renforcé à l'égard de l'Union européenne. Elle continuera comme elle l'a toujours fait à noyauter à son profit les institutions communautaires, mais ce ne sera qu'à son profit. On ne la voit pas soutenir la moindre politique commune, que ce soit vis-à-vis des banques, de l'économie en général et a fortiori d'un renforcement institutionnel du type de celui que nous évoquons dans notre éditorial daté du 15 mai. Ne parlons évidemment pas de l'entrée dans la zone euro.

Ce sera très dommage, mais on peut craindre d'autres dangers. Que la Grande Bretagne continue, tant par idéologie que par intérêt, à se faire la porte d'entrée de plus en plus ouverte aux forces économiques et religieuses décidées à conquérir l'Europe en anéantissant sa culture de l'intérieur. Le nouveau gouvernement semble afficher une volonté renforcée de multiculturalisme, autrement dit d'encouragement aux fondamentalismes religieux, qui servira  en fait les intérêts de la classe dirigeante en lui permettant de se construire des ghettos dorés contre des ennemis qu'elle aura volontairement laisser proliférer. 
16/05/2010
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire