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19/02/2021. Le réveil douloureux de l'Occident face à la Chine

Tik Tok et son site frère Douyin sont des sites chinois de partage des vidéos prises par téléphones mobiles.

Ces initiatives sont  considérées, y compris en Chine, comme des menaces pour les libertés publiques, en raison des considérables ensembles de données qu'elles collectent et de la censure qu'elles exercent sur leurs auteurs, refusant de publier sans en fournir les raisons celles qui sont considérées par elles comme inopportunes. Il en est de même de WeChat, très utilisé en Chine et plus largement en Asie.

Mais la menace qu'elles représentent pour la démocratie telle qu'elle est conçue en Europe va au delà. Selon des informations recueillies par les services occidentaux, leurs homologues chinois peuvent sélectionner les contenus en vue de manipuler les comportements de la population. Ainsi TikTok dispose d'un logiciel d'intelligence artificielle particulièrement sophistiqué qui permet de cerner rapidement les préférences de ses utilisateurs. Ceci dans le domaine économique mais également politique. Cet accès servirait au gouvernement chinois pour « booster le signal », c'est-à-dire sélectionner les contenus en vue de manipuler les comportements de la population.

En août 2020, Radio Free Asia a rapporté qu'au consulat de Chine de Houston (Texas), une unité de renseignement de l'Armée populaire de libération manipulait des mégadonnées pour identifier les Américains susceptibles de participer aux manifestations de Black Lives Matter et des Antifas. Ensuite des vidéos TikTok "sur mesure" sur la façon d'organiser des émeutes étaient fabriquées et envoyées à ces personnes.

La menace technologique chinoise va bien au-delà de WeChat et TikTok. Le danger pour les libertés que représente Huawei Technologies, le plus grand fabricant mondial de matériel de réseau de communication, est sans commune mesure. La société pourrait mettre la 5G - la cinquième génération de communication sans fil - au service du gouvernement chinois pour en temps de paix espionner et  manipuler à distance les smartphones, les voitures, les stimulateurs cardiaques, les thermostats et une multitude d'autres appareils connectés à ce que l'on appelle l'« Internet des objets ». En temps de guerre, Pékin pourrait paralyser les infrastructures essentielles.

Ces craintes paraissent fondées. Mais les Etats occidentaux auraient du s'en apercevoir plus tôt. Il aurait fallu qu'ils mobilisent depuis plusieurs années des moyens suffisants pour permettre à leurs opérateurs de communication et leurs industries numériques de se doter de moyens équivalents à ceux de la Chine. Au lieu de cela, ils ont sous-traité à des entreprises chinoises d'importantes responsabilités dans ces domaines au prétexte de faire des économies afin de ne pas aggraver leurs déficits budgétaires.

Note. Rappelons à ceux désirant se protéger de l'espionnage en ligne qu'il existe de nombreux logiciels de cryptologie dont certains faciles à utiliser. 

19/02/2021
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