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16/02/2021 Abandonner le Sahel aux djihadistes ?

La France doit-elle renoncer à l'opération Barkhane ? La question a été envisagée les 15 et 16 février lors du sommet de N'Djamena (tenu en visioconférence compte tenu de l'épidémie) avec les chefs d'Etat du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Tchad, Niger, Mauritanie) soit le Mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, le Malien Bah Ndaw, le Burkinabè Roch Marc Christian Kaboré et le Nigérien Mahamadou Issoufou.

Après huit ans de guerre, ce sommet avait été présenté comme l'occasion d'annoncer un début de retrait de l'armée française. Ceci aurait pu se traduire pour la France par un abandon de l'opération Barkhane ou tout au moins par un important allégement du dispositif. En fait, rien de tel n'a été décidé. Bien qu'aucun compte rendu officiel de cette réunion n'ait encore été rendu public au soir du 16 février, data à laquelle nous écrivons cet article, il est apparu comme il fallait s'y attendre qu'un retrait de la France, ou un simple « allégement » de son dispositif, équivaudrait à un abandon progressif de la totalité du Sahel aux organisations islamiques terroristes telles que le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM, affilié à Al Quaida) ou l' Etat islamique au grand Sahara (EIGS).

On notera qu'en marge de ce sommet, les ministres de la Défense du G5 Sahel (Tchad, Niger, Mauritanie, Niger, Burkina Faso) se sont réunis le 15 février à N'Guigmi, au Niger, près de la frontière avec le Tchad, où sont stationnés les 1.200 militaires tchadiens qui seront ensuite déployés selon l'annonce du président tchadien Idriss Déby Itno dans la région des «trois frontières», entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, pour lutter contre les djihadistes. L'envoi de soldats tchadiens avait été initialement annoncé il y a un an lors du précédent sommet de Pau. Mais l'opération avait été retardée par la menace jihadiste grandissante sur les bords du lac Tchad, et par un désaccord entre le président tchadien et ses partenaires sur les modalités, notamment financières, de ce déploiement.

Par ailleurs, ces soldats ne devraient pas beaucoup inquiéter les djihadistes, du fait de leur manque d'entraînement et de leur mauvais équipement. Beaucoup semblent d'ailleurs prêts à déserter dans l'espoir d'une rétribution par les djihadistes, qui ne manquent pas de ressources financières.

Aussi, en dépit des succès tactiques revendiqués, et plus de huit ans après le début du conflit, pas un jour ne se passe dans ces pays sans une attaque armée, l'explosion d'une mine artisanale ou des exactions contre les civils. Dans ces conditions, le retrait de la France ou même une simple diminution des moyens dont dispose son contingent militaire au Sahel aboutirait à voir rapidement le Sahel tout entier tomber au pouvoir des djihadistes.

Ce ne serait d'ailleurs pas le Sahel seul qui serait affectés, mais rapidement toute l'Afrique francophone, la France métropolitaine et les pays européens eux-mêmes. Il est clair en effet que les candidats pour y mener des attentats terroristes ne manqueraient pas dans un Sahel devenu totalement islamique.

Dans ces conditions la France ne pourra pas envisager d'alléger son dispositif, mais au contraire elle devra le renforcer, quels qu'en soient les coûts, notamment humains. Mais c'est bien à cela que sert une force armée. Elle n'est pas là uniquement pour envoyer des contingents défiler sur les Champs Elysées tous les 14 juillet. Elle doit défendre le pays, où qu'il soit menacé. Par ailleurs, il est donc plus qu'anormal que la prétendue force européenne destinée à combattre au Sahel en appui de la France, dite Takuba, se limite, outre la France, à une participation de quelques militaires estoniens et lituaniens.

Il est clair que les pays européens, comme d'ailleurs les Etats-Unis, considèrent encore le Sahel comme une colonie française dont la défense incomberait uniquement à la France. Pourtant, en mars 2920, la Belgique, le Danemark, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, s'étaient engagés à participer à l'opération Barkhane. Celle-ci avait également reçue le soutien politique de l'Allemagne, du Royaume-Uni et de la Suède. L'Italie souhaitait également rejoindre la force, selon la ministre française des armées Florence Parly.

Paroles, paroles.

16/02/2021
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