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Barack Obama a-t-il ou non relancé l'Amérique dans la conquête de l'espace?

Les avis divergent, après le discours présenté devant la Nasa, au centre spatial Kennedy, le 15 avril par le président. Celui-ci était accompagné du 2e homme ayant mis le pied sur la Lune, Buzz Aldrin,

 Il est certain que Barack Obama a voulu d'abord faire face à la tempête de protestations qui avaient accueilli l'annonce faite précédemment du renoncement au programme Constellation de retour sur la Lune lancé par G.W. Bush en 2003. Il a assuré les personnels de la Nasa qu'il était « à 100% impliqué » dans leur mission et dans l'avenir de l'Agence. « L'exploration de l'espace n'est pas un luxe  pour l'Amérique, mais une partie essentielle de son avenir ».  
Il a par ailleurs annoncé que le budget de la Nasa serait augmenté de $6 milliards pour les 5 prochaines années (sur la base annuelle actuelle d'environ $22 milliards). Sans renoncer à retourner sur la Lune, il a précisé que les objectifs à long terme seront changés. Le véritable objectif sera de réaliser dans les prochaines années un vaisseau spatial capable d'emmener des équipages  beaucoup plus loin, sans doute sur un astéroïde puis vers 2035 en orbite autour de Mars. Un débarquement pourrait s'ensuivre. 

Du programme Constellation, il retiendra la réalisation de la capsule Orion, sans le lanceur Ares I qui n'était d'ailleurs pas au point (De plus, Ares I n'était pas conçu pour aller sur la Lune, il visait seulement des vols orbitaux.  Aller plus loin aurait au moins coûté $50 milliards). Mais cette capsule Orion elle-même sera réduite à un véhicule de sauvetage amarré à la plate-forme internationale (ISS). Le lanceur lourd nécessaire devrait être finalisé vers 2015, pour un coût supplémentaire de $3 milliards. D'autres programmes ont été évoqués: sondes destinées à étudier le soleil et Mars, ainsi qu'un successeur au télescope spatial Hubble.

L'astronaute Neil Armstrong s'est fait l'interprète des  virulentes critiques portées par les hommes politiques et industriels intéressés au programme Constellation. « L' Amérique abandonne à la Russie les relations avec l'ISS. Elle perd les savoirs-faire accumulés depuis 20 ans ». Il est vrai qu'en termes d'image, l'annonce d'Obama ne relève guère le prestige spatial entamé de la Nasa. Par ailleurs l'emphase mise sur le secteur privé pour relayer cette dernière, tant au niveau des infrastructures que des véhicules et missions, plait certainement aux industriels concernés, mais ne convainc guère. Au contraire, elle inquiète. Pendant de longues années, sauf à être lourdement subventionnés, les industriels privés ne pourront pas prendre la relève de la Nasa.

Les démocrates qui soutiennent Obama le félicitent au contraire d'avoir eu le courage d'abandonner l'ancien programme Constellation sans attendre le fin de son mandat. Ils comptent sur l'esprit d'entreprise du capitalisme américain pour prendre le relais des milliards de dollars initialement prévus pour la Nasa. Ce que personne ne dit, c'est que les programmes spatiaux militaires ne vont pas perdre de leur importance, ce qui permettra de subventionner très largement les courageux futurs investisseurs spatiaux privés.



Rappelons que dans le même temps la concurrence des pays émergents va certainement s'intensifier. Ne parlons pas de l'Europe, encore aux abonnés absents. Mais, en dehors de la Chine, dont les projets sont bien connus, l'Inde prévoit d'envoyer deux astronautes dans l'espace autour de 2017. Il s'agit du projet Rs 12.400 annoncé par le président de l'Agence indienne Indian Space Resarch Organisation (ISRO), le Dr K Radhakrishnan. La route ne sera pas pavée de velours, cependant. Ce  jour, l'ISRO annonçait la perte d'un lanceur et d'un satellite conçus localement. Le lanceur était équipé d'un moteur cryogénique, technologie difficile à maitriser. Ce moteur n'a pu être mis en route et le lanceur s'est perdu en mer du Bengale.  
16/04/2010
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