Privé de tous contacts, mal nourri et obligé de vivre dans l'obscurité, il s'était considérablement dégradé physiquement.
Cela ne l'avait pas empêché de proclamer chaque fois que possible son droit de lanceur d'alerte, dont bénéficient dans les démocraties un certain nombre de journalistes dénonçant la censure politique s'exerçant à l'égard des médias.
Depuis son arrestation, le ministère américain de la justice n'avait cessé de réclamer son extradition afin de le juger devant une cour fédérale, au prétexte d'espionnage et conspiration. Ni lui ni ses avocats n'ignoraient que jugé aux Etats-Unis, il risquait une peine de prison extrêmement longue, voire d'y être assassiné par un agent secret américain.
Or en ce début de janvier 2021, à la surprise générale, une juge britannique s'est opposée à l'extradition de Julian Assange aux États-Unis, en raison d'un risque de suicide. Il faut la féliciter. Le ministère américain de la justice s'est dit « déçu » de cette décision et a promis de continuer à demander son extradition.
Ce même jour le Président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador a offert l'asile politique au fondateur de WikiLeaks.«J'ai l'intention de demander au ministre des Affaires étrangères de prendre les dispositions nécessaires en vue de solliciter auprès du gouvernement britannique la libération de M. Assange et pour que le Mexique lui offre l'asile politique», a t-il fait savoir en conférence de presse.
Ceci l'honore compte-tenu du fait que les Etats-Unis n'ont cessé de menacer le Mexique d'intervention, y compris militaire, si son gouvernement continuait à refuser de devenir un quasi-satellite des Etats-Unis.
Dans ces conditions, le Président de la République française se grandirait en offrant à son tour l'asile politique à Julian Assange. La France qui s'affirme en toutes circonstances la patrie des droits de l'homme pourrait ainsi montrer à l'ensemble du monde qu'elle mérite cette réputation.