Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser

Elections américaines. Le « bittergate »

On sait ce que désigne ce mot. C'est l' « erreur » qu'aurait fait Barack Obama en dénonçant il y a quelques jours l'amertume (bitterness) d'un certain nombre d'électeurs pauvres qui, ne voyant pas de perspectives politiques en vue, se réfugient dans la sécurité morale apportée par la religion et la possession d'une arme.

On sait aussi que Hillary Clinton, à l'affût des éventuelles erreurs de son concurrent, s'est empressée de dénoncer son mépris « élitiste » des classes pauvres. Ceci lui a permis de faire un appel du pied aux croyants et aux détenteurs d'armes, puissamment représentés par la National Rifle Association. « Il ne faut pas mépriser ceux qui prient et ont une arme, moi-même, je pratique ces deux activités...etc. ».

Sur ce,  de très nombreux commentateurs, aussi bien démocrates que républicains, ont affirmé que Barak Obama avait raison, en citant ces deux « opiums du peuple » que sont pour les pauvres, en Amérique, les religions et les armes. Ils ont ironisé sur Hillary, représentante type  de l'élite White Anglo-Saxon Protestant, reprochant son élitisme à un Obama certes passé par l'université mais de condition modeste.

Ceci étant, les mêmes commentateurs ont tous affirmé que, bien qu'Obama ait eu raison en théorie, il avait eu tort en pratique. Il y a des choses qu'un candidat ne peut pas dire sans se couper de son électorat. Beaucoup pronostiquent que le bittergate marquera la fin politique de la campagne de Barack Obama, voire  même la  ruine des chances politiques des Démocrates, McCain profitant de l'incident pour remonter dans les faveurs populaires.

Ceci serait une nouvelle preuve que la pertinence de l'analyse est interdite aux hommes politiques, qu'ils soient candidats au pouvoir ou qu'ils cherchent à s'y maintenir, comme Nicolas Sarkozy en France. Tout doit bien aller, personne ne doit craindre la pauvreté, les restrictions, les difficultés. Les experts ont beau pronostiquer les difficultés et appeler à des changements profonds de société, nul responsable n'en doit parler dès qu'il exerce une quelconque fonction officielle. L'irréalisme de l'Union européenne n'est pas différent de l'irréalisme gouvernemental américain, pour qui la guerre en Irak est gagnée et la crise économique maîtrisée. En Europe, il faut se taire, attendre avec résignation que les drames se produisent. Toute autre attitude serait suicidaire pour celui qui l'adopterait. On lira à ce sujet un article significatif de Defensa concernant la réaction des « officiels » de l'Union européenne face à la crise http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=5085).

Tout ceci confirmerait les analyses scientifiques pessimistes selon lesquels les systèmes politiques sont ingouvernables par la volonté des hommes. Il s'agirait de mécanismes se déroulant avec la puissance majestueuse des grandes catastrophes
26/04/2008
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire