Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser

L'axe franco-russe, cauchemar de Londres

L'idée de l'intégration de la Russie dans l'OTAN circule actuellement. Elle n'est plus entièrement chimérique. On peut remarquer qu'elle est largement propagée de sources britanniques. Pourquoi? Nous avions fait il y a déjà quelques semaines une hypothèse qui nous paraît mériter d'être reprise aujourd'hui.

Ce sont effectivement des Britanniques qui évoquent la possibilité, sinon la probabilité inéluctable de l'entrée de la Russie dans l'OTAN. Dans les deux cas, ces interventions ont fait suite précisément à une avancée des relations franco-russes dans l'affaire de la vente du Mistral. Notre hypothèse est donc la suivante. Les Britanniques, qui sont fins stratèges, ont compris que le jeu en Europe ne peut désormais se faire sans la Russie. Ils savent également que la puissance qui compte en Europe occidentale, c'est la France, parce qu'elle a la puissance militaire et l'autonomie dans ce domaine. (Tout le monde remarque les appels du pied des Britanniques aux Français et certains accords significatifs de coopération signés ou en cours d'élaboration.).

Pour les Britanniques, la situation idéale serait une coopération avec la France d'une part, une conjoncture européenne qui ne favorise pas un rapprochement bilatéral  franco-russe d'autre part. A l'inverse, la pire des situations, ce serait la formation de facto d'un axe franco-russe, essentiellement dans le domaine de la sécurité, tandis qu'ils resteraient eux-mêmes dans la nécessité de coopérer avec les Français. La France en Europe occidentale, la France et la Russie en Europe, seraient les maîtres en matière de sécurité européenne.

Les Britanniques suivent l'affaire du Mistral avec une certaine anxiété parce qu'ils devinent qu'il y a derrière cet accord une forte potentialité de coopération franco-russe. Ils ont noté que les Russes veulent poursuivre en ce sens et s'intéressent à l'achat de véhicules terrestres de surveillance et de contrôle urbain français (le VBL de Panhard, en photo), ce qui tendrait à institutionnaliser une coopération stratégique France-Russie dans le domaine des armements. Quelle est la seule façon pour eux de tenter d'interférer dans un axe franco-russe, sinon en lançant à tout va la suggestion de l'entrée de la Russie dans l'OTAN? La Russie dans l'OTAN, c'est la puissance russe délayée dans un vaste ensemble, c'est le continent européen qui reste, dans le domaine de la sécurité, à la fois rassemblé sans cohésion effective, et divisé en réalité, dans une Organisation dont on connaît les tendances.

Le continent européen divisé, sans axe central de sécurité (sinon l'axe franco-britannique), c'est la situation rêvée pour le Royaume-Uni, un des vieux hochets de la diplomatie britannique qui nous a valu quelques fameuses catastrophes. L'axe franco-russe, c'est la catastrophe pour la diplomatie européenne du Royaume-Uni. On remarquera, dans cette hypothèse, l'absence remarquable des USA. Cette idée commence à faire son chemin et à s'imposer chez les Britanniques, – l'idée d'une puissance américaine trop diminuée désormais pour pouvoir imposer sa conception de la sécurité européenne. Pour le reste, aucun étonnement à avoir. L'Angleterre continue à penser l'Europe en nation, et comme la résultante des équilibres entre les nations du continent.

Il n'est pas encore tout à fait assuré que les Français aient remarqué dans quelle position de force potentielle ils se trouvent, en Europe, du point de vue de la question de la sécurité. Il faudrait le leur signaler.
22/02/2010
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire