Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser

Mistral français versus missiles anti-missiles SM-3

Il y a quelques jours on apprenait, presque sous le manteau, que la Roumanie, comme une grande , avait décidé de demander aux Américains de déployer sur son sol des missiles anti-missiles de type SM-3 à partir de 2015.

L'objectif annoncé d'un tel dispositif sera de protéger la Roumanie, l'Europe, l'Otan et pourquoi pas les Etats-Unis et la Russie, d'éventuels missiles iraniens. Le but est noble. Si noble même que ni l'Otan, officiellement  non consultée, ni les autorités européennes (mais lesquelles? ) ni la France ou d'autres Etats européens cherchant à disposer d'une politique de défense autonome, n'ont jugé bon de protester. Ainsi s'accrédite l'idée que le territoire européen peut être un terrain de manœuvre tant pour les Etats-Unis que pour des gouvernements européens périphériques à la recherche de crédibilité (ou sans doute d'argent) et se comportant comme s'ils étaient seuls au monde.

La Russie, bien évidemment, a protesté : « Moscou attend de Washington des explications concernant le futur déploiement d'antimissiles américains sur le territoire roumain, a déclaré  le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov au terme d'un entretien avec son homologue allemand Guido Westerwelle, ceci  d'autant plus que le régime de la mer Noire est réglementé par la Convention de Montreux”. Mais manifestement Moscou n'a pas l'intention de prendre pour le moment la chose au tragique...ce qui n'enlève rien à la stupidité roumaine.

Il est vrai que dans le même temps, la vente par la France à  la Russie d'un porte-hélicoptère (VPC) de type Mistral a été (aurait été) confirmée le 08/02 par le directeur des relations internationales  de la Délégation Générale pour l'Armement (DGA) française. La France examinerait même la possibilité d'ajouter à cette première vente celle de 3 autres exemplaires. Le tout serait entériné dans le courant du printemps. Robert Gates, secrétaire à la Défense, en visite à Paris, a paru prendre la chose avec une certaine philosophie, semble-t-il pour ne pas compliquer ses rapports, tant avec la Russie qu'avec la France. Du temps de la toute puissance  américaine, cela ne se serait pas passée si facilement.

Pour la Russie comme pour la France et sans doute également pour l'Allemagne, cette opération implique la confirmation du fait que la Russie d'aujourd'hui n'est plus l'URSS d'avant 1991 et qu'il est possible d'établir avec elle, même à propos de questions stratégiques, des relations de confiance partagée.  Le tout devrait se conclure par une entente entre la Russie et l'Europe dans le cadre d'un pacte sur la sécurité commune. Il s'agirait d'une excellente nouvelle, tant ces deux composantes d'un ensemble pan-européen dépassant les limites de l'Union européenne actuelle partagent d'intérêts communs. Les Européens pourraient alors sortir d'une gestion des questions de défense conduite au coup par coup, sous la pression de tel ou tel Etat membre. Encore faudra-t-il dans l'immédiat que les  avocats de l'euro-atlantisme, toujours très actifs à Bruxelles, à Washington et même à Paris ne s'arrangent pas pour saboter le contrat Mistral.
09/02/2010
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire