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Halte aux spéculations

L'ancien prix Nobel d'économie et chroniqueur respecté Paul Krugman dénonce dans le New York Times du 5 février l'actuelle phobie du déficit budgétaire qui s'est emparée de l'establishment américain. Pour lui, ce déficit n'a rien d'insupportable. Il sera long à résorber mais il n'exige pas les mesures drastiques d'économies que Barack Obama et son administration veulent s'imposer.

 Celles-ci, selon Krugman,  seront bien plus dangereuses que le maintien ou même l'accroissement du déficit, car l'emploi, principale menace, ne repartira pas sans de nouvelles avances du Trésor. Il voit dans ce phénomène de group thinking (pensée collective auto-influencée) une conséquence de la volonté délibérée des Conservateurs pour paralyser l'action gouvernementale et discréditer Obama. Il s'étonne de constater  que les démocrates, contaminée par cette peur indue des déficits,  ne réagissent pas davantage pour défendre leur trop faible Président.

Nous pensons pour notre part, rejoignant en cela de nombreux économistes sérieux tel Paul Fitoussi, que l'actuelle panique face à d'éventuelles défaillances des Trésors Publics des Etats méditerranéens de l'Union relève d'offensives malveillantes provenant d'intérêts pour qui l'Europe reste une proie à conquérir en la découpant par appartements. Les déficits de la Grèce et des autres PIGS pourraient parfaitement être pris en charge par les Etats plus solides sans aggraver sensiblement ni la situation de ceux-ci ni la crédibilité de l'euro. Certes, ces pays faibles doivent engager de nouvelles réformes, notamment pour éliminer la corruption dans certains de leurs administrations. Mais leur imposer des baisses de dépenses radicales, telles que des réductions de salaires dans la fonction publique, serait suicidaire pour l'Union toute entière. Dans l'espace Schengen, les douaniers et les policiers grecs sont au service de tous et ils devraient être choyés plutôt que poussés à la grève.

En vérité, ce sont les « marchés » et derrière eux des spéculateurs puissants et foncièrement anti-européens qui créent une panique artificielle. Au lieu de renvoyer les dits marchés, les agences de notation et autres courageux mais anonymes ennemis de l'Europe à leurs fantasmes de destruction de l'euro, les autorités européennes devraient intervenir énergiquement, rappelant le toujours valable propos de De Gaulle, selon laquelle la politique de l'Etat ne doit pas se faire à la corbeille (la Bourse).

En l'espèce, dans l'immédiat, ce serait à Merkel, Sarkozy, Jean-Claude Trichet et Van Rompuy de se constituer en quatuor de crise pour prendre les décisions utiles. Celles-ci devraient non seulement   défendre les Etats attaqués, mais mettre enfin en place l'embryon de gouvernement économique,  fiscal et social de la zone euro sans lequel les spéculateurs auront beau jeu de continuer à menacer les économies européennes.  Hélas on peut craindre qu'aucune des 4 personnes ici citées soit assez visionnaire, dans le bon sens, pour prendre de telles décisions.
06/02/2010
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Nombre de réaction(s) : 1
L'euro trahi par la City de Londres
07/02/2010 11:06:00 | Par : Vermeulen
Il ne faut pas oublier que les anglais ne sont pas dans l'euro, que la City est encore plus hostile à l'Europe que Wall street, et que dans les campagnes actuelles pour le démantèlement de l'euro (et de la zone euro) les financiers de Londres jouent un rôle actif en sous-mains.
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