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La Chine, la France, l'Europe

Les aller et retour pitoyables de la diplomatie française, gouvernée par la main incertaine de Nicolas Sarkozy, n'améliorent en rien le message que la France, en tant que démocratie, aurait sans doute voulu délivrer à la Chine concernant les relations de celles-ci avec le Tibet.

Il y avait certainement, sans remettre en cause l'appartenance du Tibet à la Chine, des observations à faire concernant la façon dont celle-ci réprime les manifestations des Tibétains. L'occasion des Jeux Olympiques était sans doute aussi à saisir pour rappeler à la Chine qu'elle ne pourra pas indéfiniment, si elle prétend dialoguer avec les pays occidentaux plus respectueux qu'elle des droits de l'homme, poursuivre les opposants intérieurs comme elle le fait encore – ni utiliser Internet comme une vaste machine de propagande. .

Mais il fallait mesurer le rapport de force et ne pas partir seul à l'aventure. La Chine s'est donné le luxe de morigéner la France comme un mauvais élève, en la mettant publiquement au piquet. A la suite de quoi d'ailleurs, la France s'est empressée de présenter des excuses, envoyant des émissaires porter  d'humiliantes demandes de pardon.

Ainsi, non seulement la Chine a pu affirmer face au monde sa volonté de ne céder à aucune intimidation et de remettre au pas ceux qui ne le comprendraient pas. Mais elle a aussi mis en évidence l'inexistence de la moindre politique extérieure européenne, puisque son coup de férule sur les doigts de la France n'a éveillé aucune réaction dans aucun pays de l'Union européenne, chacun d'eux étant trop content de ne pas attirer sur lui l'attention de ce sourcilleux partenaire.

Si Sarkozy avait eu deux sous de sens diplomatique, avant de jouer les matamores, il aurait fait le tour des capitales européennes pour essayer de faire émerger une position commune concernant la question du Tibet, des droits de l'homme et de l'attitude à prendre lors des Jeux Olympiques. Cette position commune, quelle qu'elle ait pu être, avait toutes les chances d'être prise au sérieux par la Chine. L'Europe dispose de mesures de rétorsion que la France seule n'a pas. L'Europe pourrait par exemple menacer de bloquer les importations chinoises. La menace serait  entendue.

Dans l'avenir, les occasions d'affrontements plus ou moins graves avec la Chine ne manqueront pas, affectant tel Etat européen pris isolément ou l'Union toute entière. Si ces affrontements ne sont pas gérés de puissance à puissance par l'Union européenne, autant décider dès maintenant que les pays européens ont vocation à rejoindre le Tibet dans la liste des Etats sous contrôle.    
22/04/2008
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