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La course à l'avion de combat de 6e génération

Il s'agit d'un enjeu non seulement militaire mais industriel qui pour le moment intéresse les gouvernements et industriels européens, dans un domaine où jusqu'ici les Etats-Unis espéraient continuer à jouer un rôle dominant avec le futur F-35 ou Joint Strike Fighter destiné à remplacer l'actuel A-10 ou Thundebolt II qui équipe ses forces aériennes et celles de beaucoup d'alliés.

Mais le JSF a accumulé les déboires technologiques et économiques depuis une dizaine d'années. Il commence seulement à entrer en service. Son déploiement demandera plusieurs années. De plus il semble que le Pentagone s'oriente actuellement vers des projets d'avions hypersoniques capables d'être déployés dans l'orbite terrestre afin de mener la guerre de l'espace récemment annoncée par Donald Trump. Ceci laisse de nombreuses perspectives à exploiter, notamment aux gouvernements et industriels européens qui espèrent occuper l'important marché des avions de combat de 6e génération.

Ceux-ci seront de nombreuses années confrontés avec le Sukhoi Su-57 russe. Avec ses deux turboréacteurs de fabrication russe, le Su-57 affiche une vitesse de pointe autour des 2.600 km/h, une vitesse ascensionnelle de 21.000 m/minute et un rayon d'action de 1.750 km. Selon le constructeur sa maniabilité en vol est exceptionnelle. Il sera sera présenté pour la première fois à des délégations étrangères cet été lors du salon aéronautique MAKS qui se tient près de Moscou. Le premier Su-57 doit être livré à l'armée russe fin 2019.

Pour donner une suite aux actuels Rafale et Eurofighter, deux programmes européens d'avions de combat sont actuellement en cours de développement. Il s'agit du Système de combat aérien du futur [SCAF] défendu par la France, l'Allemagne et l'Espagne, et du Tempest, un projet lancé par le Royaume-Uni et rejoint par l'Italie. Les concepts en sont proches. Il s'agit d'un « système de systèmes » reposant sur un avion de combat de nouvelle génération, pouvant mettre en oeuvre des effecteurs. Ceux-ci sont des auxiliaires de défense soit embarqués soit situés à terre.

Ces programmes seront comme il fallait s'y attendre en concurrence, tant pour équiper les forces aériennes européennes qu'à l'exportation. La France souhaitant donner un successeur européen à l'actuel Rafale s'était tournée vers l'Allemagne faute d'accord avec les Britanniques. Ceux-ci viennent de présenter le projet Tempest, concurrent inévitable du SCAF. Les deux projets sont prévus avec une phase de développement visant une mise en service vers 2035.

Mais avec la crise économique résultant de l'actuelle pandémie, le programme Tempest ne pourra pas tenir ces délais. Dans le même temps le SCAF a pris du retard, résultant notamment des réticences des industriels allemands à coopérer avec Dassault. Ceci signifie que les Européens devront développer deux programmes en concurrence, sans coopération entre eux.

Autrement dit, la Russie ne devrait pas craindre de concurrence dans les prochaines années face notamment au SU-57. Qui avait parlé à Paris comme à Berlin de défense européenne? 

23/07/2020
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