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Relocaliser les industries en France ?

Oui mais à condition d'en revenir au dirigisme d'Etat. On appelait de ce nom les politiques publiques décidées en France pour assurer la reconstruction industrielle ayant fait suite à la seconde guerre mondiale.

Elles ont permis d'importants investissements non seulement pour la remise en état du potentiel économique d'avant-guerre mais pour doter le pays d'industries qui étaient nouvelles à l'époque et qui se sont révélées stratégiques, comme dans le domaine des télécommunications. Mais elles supposaient notamment un contrôle des échanges aux frontières pour éviter l'invasion des produits et investissements américains.

Très vite cependant, sous la pression du patronat français relayant celle des entreprises privées américaines, elles ont été considérées comme néfastes à la croissance du fait qu'elles confiaient la gouvernance à des « fonctionnaires incompétents », selon l'expression utilisée. De plus, les gouvernements de l'époque, situés à gauche, s'étaient efforcés de défendre timidement les droits des salariés et des consommateurs.

L'objectif affiché a donc été la « mondialisation » des industries et des services. Celle-ci a rapidement abouti, à partir des années 1970, à la ruine de beaucoup d'entreprises françaises d'origine, remplacées par des filiales d 'entreprises américaines. Le marché des capitaux a été soumis à la loi de Wall Street, tandis que le marché du travail a été submergé par l'importation de travailleurs étrangers aux exigences moindres.

Or relocaliser les industries est aujourd'hui présenté par les Pouvoirs Publics, et notamment par Emmanuel macron, comme une solution permettant de faire face aux conséquences de la crise due à l'épidémie de coronavirus. Il s'agirait de réintroduire en France, dans un premier temps, la production de masques, matériels médicaux, molécules médicamenteuses qui avait été délocalisée notamment en Chine et en Inde par les entreprises françaises intervenant dans le domaine de la santé. Le prétexte en était que ces pays, disposant parfois de ressources en métaux rares et surtout d'une main-d'oeuvre locale moins exigeante que la française. A terme, on parle de réintroduire en France un certain nombre d'entreprises industrielles délocalisées, par exemple dans le domaine de l'automobile.

Ceci, si la chose était faite, se traduirait par une augmentation sensible du coût des produits industriels et des coûts salariaux, sans mentionner une hausse considérable de la dette publique, entraînant une augmentation importante des taxes et des impôts. Inutile de dire que, sans un retour à l'ancien dirigisme d'Etat, capable de modifier sans l'autorisation de Bruxelles les paramètres économiques et d'augmenter la protection aux frontières, rien de tel ne se fera. Or peut-on attendre d'Emmanuel Macron et de sa majorité qu'ils prennent les mesures nécessaires ?

Précédemment ils avaient montré leur soumission aux « lois du marché » et leur refus de soutenir les secteurs productifs français, sauf éventuellement – et encore - dans le domaine agricole. Ils sont en train de renoncer à taxer les « Géants du numérique » américains dont les profits sont en hausse considérables, notamment du fait du développement du télétravail. Ils sont prêts à accepter le rachat par des capitaux étrangers de l'entreprise OVHcloud, bien implantée dans le secteur des banques de données numériques.

Parler de relocalisation relève donc de ce que l'on appelle élégamment l'enfumage.

 

20/06/2020
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