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L'Europe corrompue...jusqu'à l'os?

Une enquête récente de l'Eurobaromètre, commandée par la Commission européenne et publiée en décembre dernier, révèle que plus de 80 % des Européens des 27 États de l'Union européenne estiment que les institutions de leur pays sont corrompues, et plus des trois quarts pensent que la corruption est un problème majeur de leur pays. Il n'y a pas de quoi pavoiser.

La question de la corruption et de ses conséquences socio-économiques est un thème classique lorsqu'il s'agit des pays pauvres. On peut l'expliquer par la misère. Mais il vaudrait mieux en leur cas incriminer les pays riches dont les représentants officieux et officiels s'achètent par la corruption l'accès à toutes les richesses que recèlent souvent ces mêmes pays pauvres. Ceci dit,  qu'en est-il de la situation dans les pays de l'Union Européenne, qui font partie des pays les plus riches du monde ?
 
Les résultats de l'ONG Transparency International, concernant la corruption au niveau mondial, obtenus grâce à l'indice de perception de la corruption (IPC), placent très honorablement le Danemark et la Suède, respectivement en deuxième et troisième place des pays où la perception de la corruption est la moins forte au monde. A l'inverse, ces résultats montrent que la situation est déplorable dans certains États membres de l'Union, et qu'elle s'est même sensiblement dégradée cette année. Nous ne discuterons pas ici de la correspondance entre les perceptions des citoyens et les faits réels. Comme nul ne connaît exactement ceux-ci, les opinions publiques offrent des indices qui méritent d'être retenus, en première approximation.
 
La Grèce, la Bulgarie et la Roumanie se trouvent à la 71e place (sur un total de 180 pays), l'Italie à la 63e, et la République tchèque en 52e place, avec une perception de corruption de 5/10. La France, pour sa part, moins mal située, est quand même au 24e rang. C'est assez pitoyable. Ainsi, malgré le fait que l'Union européenne a placé la lutte contre la corruption à la tête de ses priorités lors de l'élargissement, ses citoyens la considèrent toujours  comme très présente au sein des institutions nationales, régionales et locales de leurs pays. Il y a de quoi s'inquiéter, sauf dans le cas des Etats  de l' Europe centrale et orientale ont la culture de la corruption héritée des anciens régimes communistes ne pouvait être éradiquée d'un coup.

Les résultats de la troisième enquête Eurobaromètre sur la perception de la corruption au sein de l'Union révèlent que, dans la majorité des Etats membres, plus de la moitié des citoyens soupçonnent les hommes politiques, mais également les fonctionnaires en charge des attributions de marchés publics et des autorisations, d'être impliqués dans des affaires de pots-de-vin ou d'abus de pouvoir pour un bénéfice personnel. Bien que très peu des personnes interrogées aient elles-mêmes été victimes d'acte de corruption – seuls 9 % affirment qu'il leur a été demandé de verser un pot-de-vin afin d'obtenir un service – celles-ci estiment que la corruption est principalement due aux relations trop étroites entre les mondes des affaires et ceux de la politique (42 %). Étonnamment, le niveau de vie et des salaires n'est quasiment jamais mentionné comme cause présumée de la corruption, mais plutôt le manque de volonté politique d'imposer davantage de transparence dans les dépenses publiques et les attributions de marché.

D'autre part, la situation  s'est fortement dégradée dans certains pays de l'Union comme en Finlande où le pourcentage de citoyens qui estiment que la corruption est présente au sein des institutions nationales a augmenté de 36 % à 68 %, ou encore à Malte où la proportion passe de 66 % à 89 %. De façon globale, la perception des citoyens de l'Union concernant la corruption a nettement augmenté depuis 2007 : + 6 % au sein des instituions nationales et locales, + 8 % au sein des institutions régionales, et même + 10 % pour les institutions de Bruxelles.  Les résultats révèlent en effet une méfiance croissante à l'encontre de tous les domaines du secteur public (élus, police, justice, santé, éducation) avec une augmentation de près de 6 points pour chaque secteur particulier. La tendance s'est inversée par rapport aux observations tirées des études de l'automne 2005 et de l'automne 2007, qui montraient alors une amélioration générale.

L'enquête n'a pas abordé précisément une question autrement inquiétante: la pénétration des mafias nationales et internationales dans les entreprises et surtout au sein des Pouvoirs Publics nationaux et locaux, où leurs « chargés d'affaires » exercent souvent des fonctions officielles. Mais là, les rumeurs ne suffiraient  pour apprécier la réalité de la situation. Il faudrait s'appuyer sur les témoignages de rares policiers ou magistrats acceptant de révéler ce qu'ils savent, au péril de leur vie. On comprend que la transparence  soit en ce cas particulièrement opaque.

Pour ce qui nous concerne, avec la petite expérience que nous avons du fonctionnement des institutions non européennes de par le vaste monde, nous continuons à penser que les administrations - pour s'en tenir à elles- des pays européens occidentaux restent les meilleures du monde. Il est vrai qu'au pays des aveugles les borgnes sont rois.
27/01/2010
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