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La non-démocratie en Amérique

Une décision de la Cour Suprême des Etats-Unis, par 5 voix contre 4 (il est vrai avec une minorité exprimant publiquement son hostilité) a pris le 21 janvier une décision ahurissante. Elle annule toutes les restrictions mises aux contributions financières du corporate power, c'est-à-dire les bakchichs versés aux institutions par les grandes entreprises dont le lobbying actif a toujours contaminé le fonctionnement de la démocratie américaine

Il s'agit d'un énorme événement, au moment précis où Washington est en effervescence après l'élection primaire du Massachusetts qui a vu l'expression de la colère populaire contre l'action de Washington en faveur du corporate power. Curieusement, les médias et hommes politiques européens, tout à leur admiration devant la démocratie américaine, n'ont pas réagi devant ce qui pourrait être considéré comme un  révélateur éclatant de la non-démocratie régnant en Amérique, depuis d'ailleurs des décennies. Les démocraties européennes, qui ne sont guère plus vaillantes, au sens où Tocqueville les rêverait peut-être aujourd'hui, n'en sont quand même pas à ce point d'agenouillement devant le pouvoir corrupteur des grandes entreprises.

Au delà de son côté révélateur, la décision de la Cour Suprême aggrave un blocage institutionnel devenu évident. Barack Obama et la majorité démocrate à la Chambre se heurtent dorénavant au Sénat et à la Cour Suprème. Pratiquement, les premiers ne pourront plus rien décider qui ne soit pas accepté par les milieux les plus conservateurs. Or comme ceux-ci ne voudront rien décider tant qu'ils n'auront pas récupéré la Présidence et la majorité à la Chambre, il ne se passera plus rien. Ou si quelque chose se passe quand même, sous la pression de l'urgence, il s'agira  de ce que l'appareil politique américain pourra produire de plus irresponsablement réactionnaire.

Les Etats européens se heurtent également à des limites imposées par des institutions juridiques qui sont aussi, par définition, compte tenu de leur mode de désignation, irresponsables et réactionnaires. Mais c'est au niveau de l'Union que le danger est le plus grand. Quand on voit qu'un Etat européen ne pourrait pas prendre de loi interdisant le port de la burqa ou de tout autre manifestations analogue d'intégrisme, au risque de se faire condamner par la Cour européenne de justice, on mesure à quel point cette dernière est devenu dangereuse,  quand il s'agit de réagir non à des menaces aux droits de l'Homme venant de l'intérieur, mais à des menaces venant de l'extérieur.
26/01/2010
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Nombre de réaction(s) : 2
Ne jugeons pas trop vite les juges
27/01/2010 20:18:34 | Par : Jacques
Cet article me laisse perplexe :

1 − avons-nous assez d'informations et de compétence juridique (en droit américain) pour juger de si haut, la démocratie américaine et qualifier d' "ahurissante" la Cour Suprême ? Par exemple, possédons-nous et avons-nous lu et étudié le texte et la motivation mêmes de la décision, et pas la paraphrase d'un quelconque journaliste français ? Je me méfie toujours du risque de parler de manière péremptoire de dossiers qu'on n'a pas ouverts, relevant de techniques dont on n'est pas familier ou, du moins, auxquelles on n'est pas un peu initié.

2 − pour le Cour européenne, qu'est le risque le plus "dangereux" : un juridisme occasionnel ou des pouvoirs étatiques illimités ?




Sur la Cour Suprème
27/01/2010 20:27:11 | Par : Denieul
Ce n'est pas seulement l'auteur de l'article qui critique la Supreme Court, mais des journalistes et hommes politiques US qui savent de quoi ils parlent. Voyez http://www.huffingtonpost.com/2010/01/21/supreme-court-rolls-back_n_431227.html
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