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Début de déroute d'Obama, ou énigme Obama

Début de déroute d'Obama ? Sans doute, avec le désastre subi par le parti démocrate lors l'élection pour le siège de sénateur du Massachusetts, le 19/01, qui entraînera très probablement le report sine die du programme de réforme du système de santé, capital pour son image, ainsi d'ailleurs que celui relatif à la lutte contre le réchauffement climatique. Mais peut-on parler à cette occasion, comme plusieurs chroniqueurs le suggèrent, d'une « énigme Obama »?

L'énigme viendrait de ce que Obama n'aurait pas su vraiment ce qu'il croyait lorsqu'il fut élu, selon les termes de Bruce Anderson dans  un article de The Independent, que nous conseillons de lire en détail.  Il se serait lancé dans l'élection, poussé par divers milieux politiques, mais sans convictions bien assurées, pour faire un coup. En conséquence de quoi sa présidence  a toujours été marquée par l'hésitation.  Disposant d'une multitude de pouvoirs, mais assiégé par une multitude de problèmes, il n'a jamais su qu'en faire – sauf à les déléguer, comme dans le domaine des relations avec Wall Street, à ceux sur lesquels précisément il n'aurait pas du s'appuyer. Ne croyant pas à grand chose, au moins dans les questions importantes, il pouvait aussi croire à n'importe quoi en intervenant sur tous les  fronts sans hésiter à se contredire, mais aussi en multipliant les atermoiements et en remplaçant les vraies réformes par des discours emphatiques, jugés au reste mauvais dans la forme par Bruce Anderson (1).

Pour beaucoup d'observateurs en tous cas, l'hypothèse d'“Obama homme du système”, mis en place par le système (que nous avions un moment partagée) serait complètement démentie. Selon  Philippe Grasset, son absence d'expérience, d'orientation, son absence de croyance ou de conviction, «  n'en faisaient certainement pas le candidat idéal, sur lequel les lobbies dominants  pouvaient s'appuyer. Contrairement aux croyances trop faciles, le système ne veut pas des hommes faibles et manipulables à la présidence, ou des hommes sans conviction. Il veut des équipiers solides, capables d'accepter l'influence plutôt que de la subir parce qu'en comprenant les enjeux, comprenant de quoi il s'agit; des hommes qui, contrairement à Obama, savent ce qu'ils croient , et qui croient dans le système ».

Mais précisément, l'énigme Obama n'est-elle pas aussi l'énigme du système politique américain. Les pouvoirs sont partagés aujourd'hui en multiples influences tirant à hue et à dia. Malgré les difficultés croissantes de financement, des dépenses militaires toujours accrues continuent à être présentées comme vitales pour l'Amérique. Le régime est sans doute atteint en profondeur et n'a pas encore compris comment s'adapter à un monde où l'Amérique n'a plus le poids et le prestige qui lui permettaient de parler en arbitre des affaires mondiales.

Il lui reste les forces armées, mais pour quoi faire? Il est un peu pitoyable aujourd'hui de voir Obama jouer le chef de guerre incontestable en organisant le débarquement des Marines à Haïti. Même dans ce rôle, les critiques commencent à fuser. Toujours en citant Bruce Anderson, sans pour autant partager ses orientations politiques, on peut conclure qu'Obama n'est pas un bon président et ne mérite pas d'être réélu.

Sera-ce une bonne nouvelle pour l'avenir de l'Europe? Trouvera -t-elle dans cet effacement l'occasion de s'affirmer comme la puissance mondiale qu'elle aurait du être  depuis longtemps? Nous sommes tentés de répondre par l'affirmative. Rien n'était plus lénifiant pour nous que la divinisation d'Obama.

 1) Curieuse coïncidence, ce portrait ne pourrait-il pas s'appliquer à quelqu'un que nous connaissons bien en France?
 
20/01/2010
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