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Accord de libre-échange entre la Chine et l'Asean

Conformément à un processus lancé en 2002 et entré partiellement en application en 2005, Pékin et les six principaux pays de l'Asean (Indonésie, Philippines, Thaïlande, Malaisie, Singapour, Brunei) suppriment le 1er janvier les barrières douanières concernant 90 % de leurs échanges commerciaux. Cette zone de libre-échange est comparable juridiquement à l'Union européenne ou à l'Alena en Amérique du Nord mais elle concerne un nombre bien plus grand de personnes, soit deux milliards de ressortissants.


On peut se demander au profit de qui cette libéralisation des échanges va fonctionner. Manifestement, dans un premier temps, ce sera au profit des produits fabriqués en Chine. L'Indonésie, qui représente à elle seule 40 % du PIB de l'Asean, a d'ailleurs été la plus réticente à l'accord. En effet,  le déficit de l'Asean avec la Chine est actuellement comparable à l'excédent de l'Asean avec les Etats-Unis : environ 21 milliards de dollars. On ne voit pas comment ce déficit pourra se réduire, tant du moins que le yuan ne sera pas réévalué.  Pékin conquerra donc toujours plus de marchés en Indonésie et en Thaïlande notamment.

Mais on peut penser que les pays de l'Asean espèrent pouvoir, globalement et à terme, bénéficier de la croissance attendue de la Chine, qui est en train de supplanter l'Allemagne comme premier exportateur de la planète et de remplacer le Japon comme deuxième puissance économique mondiale. Leurs marchés traditionnels avec l'Amérique du Nord et l'Europe se réduisent du fait de la faiblesse persistante de ces zones et aussi de la nécessité pour y demeurer présent de disposer de beaucoup d'atouts « diplomatiques » dont seuls les Chinois disposent.

On verra sans doute se constituer des entreprises mixtes, associant aux firmes locales capitaux chinois et souvent  aussi main d'œuvre exportée à bas prix et firmes locales. Ce s entreprises mixtes  pourront alors, avec une puissance renforcée, continuer à attaquer les pays développées (par exemple dans le domaine du bois et de certains produits agricoles) mais aussi le marché chinois, qui ne dispose pas nécessairement des matières premières et traditions commerciales spécifiques à l'Asean.  

La zone dollar et la zone euro (pour ne pas mentionner la zone yen) peuvent continuer à s'inquiéter du dynamisme de la zone Yuan élargie à l'Asean. Ceci tout au moins tant que, au niveau de l'OMC dans un premier temps, les Etats-Unis et l'Europe n'auront pas obtenu que la Chine se comporte d'une façon moins unilatérale. Mais à terme, ces deux zones devront envisager de se protéger de tout ce qui apparaîtra comme une concurrence déloyale, notamment en terme de droits des salariés, normes environnementales et respect d'un certain nombre de bonnes pratiques. Le propre d'une zone de libre-échange est en effet  de  pouvoir fonctionner dans les deux sens : abaissement des barrières douanières entre les membres, augmentations des tarifs extérieurs à l'égard des non-membres jugés peu coopératifs – le tout étant bien évidemment négociable.

Au-delà des échanges commerciaux, ce que nous appelons dans d'autres articles le super-Etat chinois ne pourra que bénéficier du ralliement d'un certain nombre de satellites asiatiques. Le panorama géopolitique de l'Asie devrait se simplifier encore : Chine et ses satellites, Inde et Japon.

02/01/2010
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grégory
19/06/2010 07:30:00 | Par : durand
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