Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser
Les mots clés

La crise du coronavirus accélérera considérablement le passage au télétravail

Avant la crise, déjà, de plus en plus de professionnels recherchaient la possibilité de travailler à distance en exploitant les possibilités des réseaux numériques, ceci qu'il s'agisse des professions libérales, des petites et moyennes entreprises ou des travailleurs salariés.

Les mesures actuelles de strict confinement imposent la généralisation du télétravail pour tous ceux qui ne sont pas obligés à une présence physique. Cette tendance se poursuivra-t-elle après la fin de la pandémie ?

D'ores et déjà, la question de la capacité des réseaux et serveurs à faire face à l'accroissement du trafic a été posée en France, Les opérateurs, publics et privés, répondent par l'affirmative. Le problème pourrait seul exister dans des zones rurales mal desservies. Mais ils s'efforcent, semble-t-il avec succès, d'accroître les possibilités de réponse des réseaux, tant en flux qu'en vitesse. Une généralisation accrue du télétravail à l'avenir ne devrait pas poser de problèmes techniques.

Dans ces conditions, le retour à la normale en terme sanitaire entraînera-t-il un retour aux conditions précédentes concernant le travail ? Beaucoup de travailleurs apprécient le relatif confort que leur offre aujourd'hui le télétravail. Mais d'autres regrettent les contacts humains, en entreprise ou en extérieur, que permettait jusqu'ici le travail en entreprise.

On peut penser que le travail numérique présente de tels avantages qu'il se poursuivra et s'étendra, jusqu'à peut-être se généraliser. Ces avantages intéressent les personnels mais aussi les employeurs. Sur le plan positif, Il permet une grande souplesse et relative liberté dans les conditions de travail. Il donnera de plus en plus de facilités pour collaborer, penser, innover collectivement. De plus il encouragera la mise en place de banques de données et de connaissances qui pourront être partagées au plan international par l'accès facilité à des systèmes de traduction ou de vulgarisation automatiques.

Sur le plan négatif, cependant, le télétravail présentera de nombreux désavantages pour les personnels. Il encouragera les employeurs à faire appel à des travailleurs à temps partiel mal rémunérés, interchangeables et par définition non syndiqués. De plus il permettra l'accès à des travailleurs précaires prêts comme en Inde ou en Afrique à se louer pour des sommes infiniment plus basses qu'en Europe et sans aucune protection sociale. On parle de gig economy ou économie à la tâche mondialisée. Pour en savoir plus à ce sujet, on pourra lire un article de The Conversation

Dans l'immédiat cependant, la crise du coronavirus amplifie les taux de chômage. On lira à ce sujet un rapport du 18 mars émanant de l'Organisation Internationale du Travail, dépendant de l'ONU. Le nombre des chômeurs forcés dans le monde est estimé à 30 millions, chiffre en augmentation croissante. Ce chiffre ne paraîtra pas très important, mais il concerne essentiellement les pays développés occidentaux. 

Il est évident que si le passage au télétravail résultant de la crise du coronavirus se faisait dans des pays où les classes dirigeantes auraient abandonné l'idée même de protection sociale et d'Etat-Providence, ce serait une catastrophe pour la majorité de la population de ces pays. D'ores et déjà, les organisations syndicales du travail devraient s'en préoccuper.

 

04/04/2020
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire