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Au temps du Covid-19, le soleil se couche sur le Japon.

En japonais, Japon se dit Nihon ou Nippon, ce qui signifie « Terre du Soleil-Levant».  Dorénavant, il semble qu'il faudrait dire Terre du Soleil-Couchant

Ceci tient à plusieurs facteurs : le vieillissement et le non-renouvellement de sa population, la concurrence économique croissante de pays asiatiques tels la Corée du Sud, ses engagements hasardeux au service de l'armée américaine. Mais aujourd'hui, un coup bien plus grave lui est porté par la pandémie de Covid 19.

Celle-ci se répand rapidement dans l'archipel. Les taux d'infection et de décès ne sont pas différents de ceux des pays voisins, mais ils affectent durement une économie déjà fragile. Ceci d'autant plus que le gouvernement de Shinzo Abe a tardé, de peur de ralentir la croissance espérée, à prendre les mesures nécessaires de confinement des personnels salariés et de limitation des échanges entre entreprises. 

De nombreuses firmes  japonaises ont été obligées de fermer leurs ateliers et chaînes d'assemblage lorsque quelques-uns de leurs salariés se sont révélés infectés. Le 19 mars, l'iconique Toyota a du interrompre la production de ses véhicules les plus exportés, le break hybride RAV4, la berline Corolla et le tout-terrain Harrier. Dans le même temps, Toyota a du interrompre la production de ses usines aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique, faute de pouvoir les approvisionner en composants. Mais Toyota n'est qu'un exempte. De nombreuses entreprises japonaises, dans l'industrie comme dans le numérique, notamment, subissent le même sort.

Ceci s'est traduit par des baisses spectaculaires de plus de 20% de l'indice Nikkei 225 Stock Average à la bourse de Tokyo. Shinzo Abe vient d'annoncer mettre à la disposition de l'économie un crédit de $140 milliards pour permettre aux entreprises de faire face à leurs pertes. Mais on peut craindre que ceci ne puisse suffire. Un point particulier propre à la société japonaise est que les salariés sont traditionnellement contraints à une présence physique. Le télétravail y est très mal vu. Les réseaux de télécommunications y sont mal préparés. Ceci ne facilitera le passage à une économie où, du fait de la crise et du confinement, travailler chez soi devient une obligation.

Inutile de dire que le report des Jeux Olympiques de 2020 à 2021, voire plus tard, sera très mal ressentie. Sans mentionner des pertes considérables dans l'industrie du tourisme, de nombreuses entreprises japonaises ayant sponsorisé ces Jeux dans l'espoir de mieux s'y faire connaître et d'y accroître leurs activités, n'en tireront aucun profit.

On peut penser que la grande rivale du Japon, la Chine, semblant sortir du plus fort de l'épidémie, ne s'attristera pas des difficultés japonaises. 

Source 

Asia Times  William Pesek Lights go out across Land of Falling Sun.
Certains mettent en cause l'objectivité de William Pesek. A chacun de juger

William Pesek is an award-winning Tokyo-based journalist and author of "Japanization: What the World Can Learn from Japan's Lost Decades." ...

25/03/2020
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