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Crise du coronavirus : relancer l'Etat-Providence

On désigne par ce terme un Etat doté de larges compétences réglementaires, économiques et sociales en vue d'assurer le plus grand nombre possible de fonctions au service de ses citoyens.

A la fin de la seconde guerre mondiale cette forme d'Etat avait été partiellement mis en place en France afin de remédier aux nombreuses difficultés dont souffraient les classes dites défavorisées. Sa forme la plus évidente avait été l'installation d'un système de sécurité sociale et de retraite généralisé, ainsi qu'une nationalisation étendue du système hospitalier.

Très vite les intérêts capitalistes se sont attachés à le démanteler pied à pied. Il s'agissait en particulier des compagnies d'assurances capitalistes et des corporations médicales présentant la médecine publique comme incapable de répondre aux besoins de la population. Le réseau des hôpitaux publics s'est vu concurrencé par un grand nombre de cliniques privées aux tarifs très élevés. Cependant personne ne faisait valoir que les malades pris en charge dans les cliniques privées se trouvaient remboursés de leurs dépenses, bien que très élevées, par la sécurité sociale publique .

Ces derniers mois, sous la présidence d'Emmanuel Macron, les lobbies de la médecine et de l'hospitalisation privée avaient obtenu une réduction croissante des moyens attribués aux hôpitaux publics. Ceux-ci avaient réussi à maintenir un niveau élevé de services, mais au prix de sacrifices de plus en plus élevés acceptés par les personnels soignants. Un petit nombre d'entre eux avaient démissionné et rejoint le secteur privé.

Aujourd'hui, avec l'extension de l'épidémie de coronavirus, qui ne semble pas pour le moment prête de s'arrêter, les malades affluent dans le secteur hospitalier public, qui se retrouve progressivement débordé, sans obtenir de secours de l'Etat. De la même façon, le système public de sécurité sociale est appelé à à prendre en charge des dépenses de plus en plus importantes, que les assurances privées se refusent à assumer. Déjà largement déficitaire, il est prévisible qu'il le sera de plus en plus.

Dans le même temps, un nombre croissant d'entreprises privées, y compris les plus grandes, demandent à l'Etat un report sinon une suppression temporaire de leurs charges fiscales et sociales. Certaines parlent même d'une nationalisation temporaire.

Là encore les budgets publics seront appelés à intervenir. Des déficits budgétaires très importants en résulteront. Mais qui prendra en charge ces déficits ? Les citoyens ne pouvant échapper à l'impôt.

Mieux vaudrait en revenir à la vieille formule de l'Etat-Providence. Inévitablement les organisations patronales et les partis de droite s'y opposeront, oubliant que pendant la crise actuelle, ils font sur tous les tons appel à l'aide de l'Etat, quels que soit l'importance des déficits en résultant. Si la majorité politique actuelle ne change pas, ils seront entendus.

25/03/2020
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